L’éloge d’une fuite

Elle avait juré qu’elle n’y retournerait plus. Elle allait mourir si elle ne faisait rien. Le chemin serait ce qu’il serait, on ne reste pas là où on meurt. Les camions passaient sans qu’elle se décide. Ne lui manquait plus que le courage du pouce. Le sortir, le mettre en évidence pour que quelqu’un l’embarque. Un camion, un gros, un petit. N’importe lequel. Mais un camion qui irait loin surtout. Dans une grande ville, où elle vivrait incognito. Elle ne tomberait pas entre les pattes du loup, ne se laisserait pas happer par la morosité des jours gris, la lourdeur d’une solitude pas encore apprivoisée. Ses sœurs avaient croupi sous le poids de l’aliénation, mais pas elle, ça ne lui arriverait pas. Ce jour-là, quand elle leva le bras, elle continua de croire en la promesse du monde.carolinedufourautro6

9 réponses à L’éloge d’une fuite

  1. 'vy

    Pourquoi faut-il toujours fuir pour espérer s’en sortir ? C’est dans le mouvement peut-être, sans doute, qu’est la promesse du monde. Mais quelle est cette promesse ? Ohlala, je pose des questions moi, ce soir. En tout cas, ton texte résonne bien en moi, pour le coup.

    Aimé par 2 personnes

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