L’odeur du sable

La liberté sent et goûte quelque chose.
Le sable, par exemple. Quand il pleut.

Je revenais du centre où Gaby vit depuis maintenant trois ans. Il est déprimé ces temps-ci, devenu quasiment aveugle au cours des derniers mois. Il ne voulait pas se lever, et je n’ai pas insisté.

Une pluie tiède s’est mise à tomber. De plus en plus fort. Je n’ai pas cherché à m’abriter. Je n’aime pas m’arrêter quand je marche. J’ai marché comme ça assez longtemps pour être bien mouillée. Pas jusqu’aux os, mais pas loin. Puis ça s’est arrêté. Et j’ai continué assez longtemps après pour être presque sèche en arrivant chez moi.

J’en avais besoin. La marche est mon premier remède.

Quand je suis passée près du parc Lafontaine, ça a senti fort la terre et le sable. Et je me suis sentie délicieusement libre.

Photo : PLUIE D’OCTOBRE – Hier, dans l’arrondissement de Ville-Marie

Espoir d’automne

et novembre à venir
et mon cœur ce matin
ou mon corps peut-être
lequel est l’insoumis
lequel se donne au même délire
de vouloir retenir encore
les vents chargés de juillet

et les corneilles devant
sur le même trottoir
qui se disputent des graines
dans la ligne du soleil

et ce monde
et sa bêtise
avec toujours un peu l’espoir
devant la lumière qui vacille
que dans son ombre quelque part
monte une douce révolution

et la montagne toujours si belle
dans sa courbure d’octobre

Photo : LES LIGNES D’OMBRE – Hier matin, sur le mont Royal

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