L’esquive II

La neige et un certain silence.
Au milieu de la rue, un vieil homme lambine.
La vie qui glisse ou le désir.
Et le noir et la chaise, et le mur qui se vide.

Les mains posées sur le piano,
elle se demande encore
d’entre l’automne et le printemps.
Et d’y esquiver le mondain
pour se coller contre les heures. 

C’est vrai pour le désert
et le long poème dans les brumes.
Et pour les feuilles qui s’accrochent
dans le froid de l’hiver.

Photo : AINSI * Montréal – Janvier 2024

Matin glacé

tu me disloques
que mes mains dansent libres –

déjà l’eau et le ciel
et le vent brûlant de janvier

et tous ces bateaux pris d’entre nos mers gelées

j’aurai fait avec quelques lignes
de ton encre belle

Photo : RUE BERNARD * Montréal – Janvier 2024

Des cascades d’oiseaux

Me sont revenus de la nuit quelques rêves flottants. Le trottoir est sans neige, mais les feuilles se défont. Au moment du cri à la table, chacun enlaçait son oiseau. Ne dis rien, que j’entends, en pensant qu’on se doit – la terre veille en substance, tout finit par se dire.

La preuve s’est dérobée mais l’oiseau est resté, il chante les louanges des rives alentour. On s’endort près de la blancheur. En dépit d’autres artifices, le fleuve continue de couler. 

Photo : OÙ PASSE L’EAU * Sur la 15 – Décembre 2023

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