Pour y bercer le rire

je nous ai vus
qui courions loin de l’aube
vers des miroirs éclatants et de grands paravents
et puis je nous ai vus nous aimer comme des fous
sous un ciel aussi vaste que nos yeux devenus
à rêver d’un monde où le tendre
ne se lasserait pas

et partout il y avait le temps
qui jamais ne se perd ni jamais n’est perdu
qu’importe le lit ou la rue, le beau ou l’ordinaire
le temps
pour y bercer le rire jusqu’au bout de la nuit
tant qu’il y reste un coeur encore ému à prendre

Photo : LE ROSE D’I * Sur le mont Royal – Octobre 2018

Stupeur et froissement

L’esprit disloqué par le poids.
Le poids de rien, surtout.

Puis un froissement de désir.
Pour le corps dans l’espace.
Sa lourdeur et sa gravité.

Dans des bras, peut-être.
Mais aussi.
Sur le plancher d’une ville.
Ou par le ciel d’une fenêtre.
À regarder le temps.

Un froissement de désir.
Et le monde t’a réapparu.

Photo : IMPRESSION D’OCTOBRE – Hier, rue Laurier * Montréal 2018

Par petits matins

hier on a poussé à droite
encore la peur qui a parlé
un peu plus fort que la veille

vivre
par petits matins, petites heures
jusqu’à plus rien
jusqu’à plus d’air ni de temps
plus de ciel ni de vent
déjà
pouvoir en être
infiniment

Photo : LES SANS-GUERRE – Montréal * Septembre 2018

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