À mesure que le soleil bouge

Les jours.
De plus en plus courts.
Et la pluie.

Et les heures aussi.
Qui ne disent rien d’avance.
Sinon que les nuages vont. 
Pareil à l’ombre sur l’asphalte à mesure que le soleil bouge.

J’embarque encore, souffle-t-elle.
Pour autant que ça continue.

Photo : MON SAC DE PRÉDILECTION ou LE PARAPLUIE DE TANTE DENISE (autoportrait) – Hier, rue Beaubien * Novembre 2017

Sinon que je t’aime

carolinedufourmfic

un petit espace
tout petit tout petit
entre toi et le silence
un bout de ville
où tes pieds dansent
c’est déjà un pavillon
où y trouver la mer
une peinture
où te bercer
sans trop d’urgence

la ville t’aime
et tu y es belle
vois comme tu y es belle

pour le reste
je ne sais pas
surtout pas l’automne

sinon que je t’aime

Photo : C’ÉTAIT HIER – Rue Duluth * Novembre 2017, Montréal

Et mon désir qui ne meurt pas

carolinedufourchepalan

et mon désir qui ne meurt pas
pour ma ville nue
tandis que je reste obstinément preneuse
même du parfum brûlé qui monte des voitures

Photo : LA DÉVERSE – Rue Cherrier * Novembre 2017, Montréal

Mes pieds qui continuent

mes pieds qui continuent
sur leurs chemins d’automne
et le vent dans sa course
qui part avec l’été

dans la chaleur des mots
tant et même en hiver
je rêverai

Photo : SUR LE REDOUX D’OCTOBRE – Quelque part sur le Plateau * Montréal 2017

Et verse ma solitude

ce sera doux de perdre pied
d’être cette pupille
qui aimait trop les roses
et l’amour, surtout l’amour
comme on aime une rivière

pour tous ces matins qu’on invente
et qu’on laisse mourir d’avance
la faim qui reste entière

et verse ma solitude
dans ses élans brouillons
comme l’envers barbouillé
d’un hiver sous la neige
rien de triste ni de géant
qu’une graine tendre
au hasard fou des forces vives

Photo : PLUIE ET RÉVERBÈRE – Novembre 2017 * Bassin du Parc Lafontaine

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