Danser avec les tendres

en écoutant l’heptade
le tendre qui chante comme un fou

la souche sous le bleu
et vos lèvres – perdues à mes yeux

tous les bâtons, les tâtons sous le ciel
et tout ce qu’on étend sur les corps pétrifiés

quand même c’est beau dehors – la pluie
et les branches de l’érable qui me disent le vent
et de danser encore avec les tendres fous

Photo : ELLE ÉTAIT BELLE – Hier – Montréal

Ça et tout

Encore le bruit de nos silences.
Assourdissants qu’ils sont, jusqu’à en oublier
l’immensité d’avril.

Étais-je plus habile dans le ventre de l’aube?
Et la chaîne et l’ardeur, et nos coeurs et nos âmes.
Tout ce qui reste pris et qu’on cherche à déprendre.

Et tu me dis doucement d’être ce que je suis.
Puisque c’est ça et tout
ce qu’il nous appartient d’oser.

·


Photo : PORTES VITRÉES – Montréal * Mai 2021

Sous des ciels symphoniques

Pour M.

une dérive
petite ou grande
des moulins qui tournent carré

et cherche-t-on seulement
le roulant d’une eau tendre

j’écris sous des ciels symphoniques
en m’habituant à la musique
d’une note tordue
d’une envolée qui change

et nos corps dans l’histoire
qui s’aiment sans se le dire

après d’y jouer sur le temps
une escale à se vivre
avec de quoi, sur l’harmonique
trembler du soleil jusqu’à l’âme

Photo : LES TROUPEAUX SILENCIEUX – Route 327 – Avril 2021

Belle mule

deux heures belles
deux belles heures
à marcher dans la bruine
ô pluie tiède et divine
tant la beauté, en belle mule qu’elle est
sait faire fi de nous

·


Photo : L’AIR LIBRE – Vendredi – Montréal

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