Le temps sur ton épaule

Pour Lau

peut-être le dernier coup d’hiver
avant qu’il s’essouffle

le jour s’estompe-t-il
à l’ombre des flocons
je sais juste que tout passe
et les passages avec

me poserais toute légère
après sur ton épaule
pour y voir plus longtemps
le temps qui fond comme la neige

 


Photo – CARESSE * Hier 16h24 – Montréal

Amas de cendres

la neige fond même dans la cour
les traces du chat d’à côté s’effacent

me reste ces amas de cendres
mais toujours la substance
le souffle nomade

mon coeur s’apaise à la pensée du vent
et des trottoirs dans tous les sens

 


Photo – CHARBON ET OUATE – Le 25 février 2020 * Montréal

Les brioches

où l’âme sue
et suinte
portant le corps
mais c’est toujours la force
à l’endroit de la faiblesse
de toute manière le monde
la vie
tu m’écris aussi bien s’essouffler à aimer
et sur le lit cent fois apporter des brioches

Photo – DE L’UNE VERS L’AUTRE – Le 23 février 2020 * Montréal

Au plus proche du vent

C’est plus simple qu’on ne le croit, me disait mon père.
Ma mère, plus tranquille déjà, ne m’en disait trop rien.

j’ai grimpé
pour toucher le limpide
mon corps, ma tête
entre les arbres nus
au plus proche du vent

dans l’hiver électrique
qui s’achève peut-être
j’ai grimpé
pour y avaler l’air
froid et fluide

que ferais-je déjà
sans le ciel et le vent

 


Photo – DESSUS LA MONTAGNE – 22 février 2020 * Montréal

Froideur

l’air dehors s’adoucit
et mon souffle

j’ai bâti chaque pièce
sur des éclats de coeur et
de jour

et ces vents crus qui viennent
y faire entrer l’absence

j’ai mis des vêtements lourds
pour parer aux rafales

des vêtements trop lourds
peut-être

Photo – UN BLEU DE NOUS – Février 2020 * Montréal

L’enceinte

L’enceinte.
Celle du coeur et des jours.
Et ce matin, la neige encore.

Mon café est bon.

L’attirail est habile
qui nous appelle ailleurs.

Et ici, dans l’antre de l’instant,
l’horizon naît géant.
Si plein d’aube.
Et de froid et de vent.

 


Photo – HOMME AU REGARD TENDRE – 15 Février 2020 * Montréal

Morceaux de neige

tu m’as demandé
ce qu’il y avait après

et j’ai voulu répondre
mais je ne sais rien

alors j’ai dit
des notes glissantes, roulantes
comme des aveux
soufflés en broussaille

et le blanc dehors
et la ville qui dort

et qu’il ne tombe
sur toi et moi
que d’infimes morceaux de neige

Photo – LES TROTTOIRS BLANCS – Montréal * Février 2020

Désir de fleuve

le sens donné à tant de choses
pour l’ordre et l’imparti

dans cette histoire où je m’évade
jouant du désir d’un fleuve
je n’en finis plus de trouver
ce que j’oublie
infiniment

la vague est longue
et j’y songe
comme à un souvenir courbé
un retour
semblable à celui des oiseaux

 


Photo – LA PART DU SOURIRE ET DES LARMES – Montréal * Février 2020

Là reviennent les brumes

c’est moi qui ne veux rien
vraiment que d’y être
ni éclat ni carcan

et là, les brumes
celles d’un fleuve
comme ces choses endormies
qui ornent nos batailles

un souffle de neige et de jour
sur un fil qui se tend
et souvent, flanquées là
les amours annoncées

le labour, le temps
et le sang
qui férocement s’en mêle

sous le ciel
au plus près du poème
la poussée qui dérive
de l’hiver boréal

Photo – LES POCHES (2) – Même matin, Terrasse Dufferin * Ville de Québec

Ombilicus expositum

dans ce rêve d’y voir le jour
j’erre
tête au milieu

c’est si souvent come on 
et le pas en aveugle
à m’en cacher l’aube
et le ciel

bienheureusement le chant est fort
et la lumière vive

 


Photo – LES POCHES – Avant-hier, début de jour, Terrasse Dufferin * Ville de Québec

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