Ce qu’on dira de nous

Un samedi matin de fin d’été.
À Montréal la tranquille.
Tout va comme d’habitude autour de moi.
Le bruit dans les rues. Et tout le reste.
La vie qui coule sans trop d’urgence.
Un journal ouvert et moi qui m’demande
ce qu’on dira un jour de nous.
De cette époque.
Où l’on vivait comme l’on vit.
Ambition. Matérialisme.
Culte du corps. Individualisme.
Guerres de religion. Attaques chimiques.
Que perdus quand même nous étions.
Un peu, ou beaucoup.

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Reflet de Lui dans une fenêtre – Montréal, août 2013

Se balancer dans le noir

pouvoir jouer dans la pénombre
sans peur aucune
les pieds sales
sur la terre encore tiède

Et ce matin encore je pense à ces enfants
… qui ont l’air de dormir mais qui ne dorment pas…
et à l’obscurité qui loge dans l’esprit des hommes
tellement qu’ils sont aveugles à ce qui compte vraiment.

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Dans un boisé des Laurentides – Août 201

Le bonheur aussi joue à la cachette

Avec une pensée pour ces enfants de Damas
qui ne riront plus, ne danseront plus,
ne chanteront plus,
ni ne joueront à la cachette.

toi qui tant ris et danses sans regarder à la dépense
puisses-tu toujours te trouver là où le bonheur aime se cacher

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Sur le mont Royal – Août 2013

Petits plaisirs béton

J’aime nos viaducs.
Ou plutôt, j’aime passer dessous en marchant.
La lumière y joue toujours.
Et c’est d’autant plus excitant
s’il y a quelqu’un dedans.
Quelqu’un de beau, de sexy, d’heureux.
Ou de malheureux peut-être. Qu’y sais-je.
Quelqu’un dont il se dégage quelque chose.
Le béton sans personne n’est quand même que du béton.
Bref, les viaducs savent être beaux.
Mais plus encore avec des gens dedans.

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Viaduc Papineau – Août 2013

Un homme de peu de mots

carolinedufourGAmiLe verbe lui cause tracas
mais il maîtrise l’art du sourire
autant qu’il en connaît le poids.
Tout vieux et magané qu’il soit,
il conserve un pouvoir exquis
sur ses muscles zygomatiques
et daigne souvent s’en servir
juste pour me faire plaisir.

Virée en ville, août 2013

Virée en ville, août 2013

Bucolisme

J’ai eu envie de ce mot.
C’est lui plutôt que son usuel confrère adjectif
qui m’est venu naturellement en regardant cette photo.
Et je découvre, à ma légère surprise, qu’il n’est pas au dictionnaire.
Pas plus que ne l’est le verbe bucoler. Dommage.
Or, si vous me demandiez ce qu’en serait la définition exacte,
je vous retournerais la question en vous demandant
laquelle serait selon vous à retenir parmi les suivantes,
ou si ni l’une ni l’autre ne vous sied, laquelle proposeriez-vous?

Bucoler
1. Boire la vie à grosses gorgées.
2. Trouver la vie belle envers et contre tout.
3. Être saoul d’amour pour la vie.
4. Être naïf au point de penser que la vie peut être belle malgré tout.

Je bucole, tu bucoles, nous bucolons, elles bucolent…

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Au parc Lafontaine – Juillet 2013

Souvenir de Londres

mon bel amour accroche-toi
j’ai filé un mauvais coton
mon bel amour te défile pas
tout ira bien mieux tu verras

quand le coeur passe par une guerre
il met un temps à se refaire
mais par chance du temps on en a
mon bel amour ne t’en va pas

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À Londres, il y a dix ans.

 

De chalets et manchots

J’ai découvert un nouveau verbe.
Peut-être l’avais-je ouï déjà, mais voilà qu’aujourd’hui je l’aime et m’y attarde.
On dit de lui qu’il est défectif… qu’il ne s’emploie pas à tous les temps possibles.
En voici donc, pour votre grand bonheur je sais, les conjugaisons d’usage :
Il chaut
Il chaudra
Il chalait (mon préféré)
Il chaudrait
Qu’il chaille
Chaillant

Et à l’infinitif, chaloir.

J’aime. Et je m’essaie.
Euh… Peu m’en chaut si l’on m’aime…
Hum. Non. C’est trop faux.
Alors j’irai ainsi : Il m’en chaut que l’on s’aime.
Voilà. Je sais pas si c’est mieux, mais c’est beaucoup plus vrai.

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Trois mains à Montréal, un beau lundi du mois d’août.

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