La réalité ne dépasse jamais la fiction
parce que la fiction est la condition de la réalité.
Suzanne Jacob
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Tout de même, se griser à l’encre
donne moins de chagrin qu’une cuite au vin,
que d’ailleurs je ne supporte pas.
Robert Lalonde, L’imagination que donnent les vraies tendresses
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Je suis restée longtemps assise dans le coin ombragé de l’anse. Sur l’autre rive, deux corps erraient, l’air de chercher quelque chose. Un moment j’ai pensé à ma pierre perdue, cette obsidienne noire que je traînais sur moi. Mon oeil collé dessus, je pouvais voir en son milieu une fille qui flottait dans le vide.
Quand j’ai compris qu’on m’entendait plus bas dans la montagne, mon geste a rétréci. Même si la femme m’a parlé d’une mélodie du ciel, mes entrailles se jouent mieux dans les bras de la solitude.
Et même si tout l’est toujours, rien n’est jamais ce que l’on pense.

Photo : DURANT LE TEMPS D’Y ÊTRE – Août 2026 * Laurentides








