Le belle obéissance

la fraîcheur est chaude
et la lumière tendre sur les feuilles
et le gris du trottoir

j’ai ouvert les yeux sur le vent
qui soufflait autrement
plus fort ce matin comme s’il venait d’ailleurs
apportant l’impression que tout pourrait changer

et là encore, j’écris dans ce bruissement qui m’apaise
avec son souffle dans mon cou et sur ma joue droite

c’est un vent d’août parfait
un parfait vent d’août
qui passe et passera comme le reste
sans qu’on sache vraiment pourquoi
ni comment
car même dans sa fougue
il n’est obéissant le vent
qu’aux seules forces du monde

PHOTOS : Y a qu’à cliquer dessus pour y lire et y voir…

carolinedufoursodempulasc

Nos longs jardins

par la fenêtre
les roues des voitures me chantent
qu’il pleut sur ma ville

vois mon cœur serré ce matin
parce que nos cœurs vont et viennent
et que les histoires filiales
comme toutes les histoires humaines
sont de longs jardins sauvages exposés aux grands vents
et qu’on n’emmure pas l’amour
lui qui nous montre à vivre
et à mourir un peu

et sûrement qu’il y a aussi
dans ce serrement que je sens
un peu de l’été qui s’en va

c’était hier
et là, le ciel est plus bleu que le monde
j’irai marcher tout à l’heure
jusqu’à la montagne qui m’appelle

Photo : TO LENA… GENE & GRETE PETERSON (inscrit à l’endos)
Pastel trouvé dans une brocante, artiste inconnu

Construction humaine

D’abord, j’ai une sainte horreur de la cruauté.
Je me construis autour de gens que j’aime. Je suis ainsi faite.
Et puis je sais déjà que je n’aurai pas assez de temps. Et ça, ça me crève le cœur.
Ça et de voir un enfant qui souffre.

First, I hate cruelty with a passion.
I build myself around people I love. That’s how I am.
And I already know that I won’t have enough time. And that breaks my heart.
That and to see a suffering child.

carolinedufourlectro

LECTURE DE TROTTOIR (Sidewalk Reading) – Hier soir, près de chez moi

Ce qui nous fait

je rêvais du vent
et de vous, madame
de ces années qui font le temps
et qui nous défont lentement
qu’en pensez-vous
qu’en dites-vous, madame
ai-je raison ou ai-je tort
de me rire de tout ce bagage
pour contempler le paysage

je rêvais de vous
et du vent, madame
quand une parcelle d’infini
est venue me parler de nous
comme autant d’âmes assoiffées
qui courent après leur queue pour une part d’existence
et nos corps dans l’espace qui oublient ce qu’ils sont

c’est ça, c’est tout
je rêvais du vent, madame
tout en pensant à vous

carolinedufourenrucaau

LA GRANDE SŒUR – Dans une ruelle de mon quartier, il y a deux jours

Le désir est un être vivant

ta peau me manquerait
mais je n’en dirai rien
ce soir le silence
nous va tellement bien

carolinedufoursides

NOS CORPS QUI PENCHENT – Juillet 2016, Montréal

carolinedufourgabrits

L’évidence de certaines choses

On perd souvent pour y gagner, ça crève les yeux.
Mais gagner quoi, au fait? D’autant qu’il y a déjà l’air et le vent.

Et tellement de belles choses encore, renchérit mon arbre.

J’ai reconnu la voix de mon magnolia. Je viens de l’asperger de savon noir. J’y suis même allée avec des gants pour arracher à la main et sans risque de clémence les bêtes féroces qui s’accrochent à son écorce et lui sucent le sang. Il ne s’en plaint pas trop mais il est envahi de cochenilles, le pauvre. Je grimperai dans une échelle demain pour atteindre les plus hautes branches.

Si seulement j’avais su. Dommage qu’il ne parle pas vraiment, il aurait pu me le dire avant.

*Photo : GABY COMME LE VENT – Juillet 2016, Montréal

La caresse des jours

dans un monde voleur
c’est l’affaire de chaque instant de serrer le temps contre soi
et l’affaire d’un seul pour qu’il soit perdu à jamais

in a thieving world
it’s an every moment task to hug tightly onto time
and a one moment thing to see it lost forever

carolineldufourlaupbal

SOUS LE CIEL (Under the sky) – Juillet 2016, Montréal

Translation of title : THE CARESS OF DAYS

No more posts.