Toi qui l’aimes légère

la neige tombe belle
légère
sous tes yeux qui la voient

un petit dos
de si petites mains
pour un cœur à se faire
et le poids qui a fait
ce que le poids y fait

le repos
et l’errance et le temps
devenus le désir
t’as bu à la rivière
et t’as dormi aussi

on y fait ce qu’il faut

et ce matin devant
la blanche qui tombe lente
belle, que tu te dis
toi qui l’aimes légère

Photo : UNE VILLE À PRENDRE * Rue Laurier, Montréal – Le mont Royal en arrière-plan * Janvier 2019

L’amour qui, peu importe

un réveil déplié
plus ouvert
nos galères sont enterrées
sous bien des neiges folles

on y voit mieux d’ici
le rival du temps
le repli
la seconde perdue

l’amour qui, peu importe
en a valu la peine

et on y entend moins
les rumeurs cyniques
qui grondent loin du jour

la suite sera plus claire
depuis l’eau ou la crête

il est si fort, le souffle
dense et géant
un vent de gamète et de sel
où avancer sans rien

 


Photo : LISIÈRES * Hier, rue Beaubien – Montréal 2019

Ce jour-là

et les pensées dévalent
en rivière autonome

je sors une image
une photo du lot
pour voir

et je joue
transforme
pose les yeux dehors

le soleil flambe sur la neige
feu de rue

les arbres nus
un jour de plus

petits fracas sournois
mais toujours de quoi rire

et puis un café chaud

de quoi sentir
ce jour-là par-dessus les autres

 


Photo : LA TENDRE NONCHALANCE * Hier, rue Laurier – Montréal 2019

Nos belles excuses

est-ce qu’un jour on osera
assez le vent et l’aube
les ciels à perdre pied
et les lieux de tendresse
est-ce qu’on y rêvera ailleurs
que dans l’avide qu’on absout
et le gain
qu’on justifie par tout

Photo : LA DOUCEUR D’UNE FIN DE JOUR * Avenue de Lorimier – Janvier 2019, Montréal

En s’y rappelant le tendre

les notes filent dans le souffle
l’impulsion, la tension

rien n’est stable vraiment
nos déserts sont perméables
le tien, le mien

je sais janvier
qui livre ses rafales
aussi cruel que blanc

et je te sais qui cherches
l’inlassable désir
l’empreinte et le chemin
les dessous du matin
et de l’infatigable vent

les pieds sans te soustraire
aux aléas du jour
à y pleurer quand il le faut

et tout ce temps
on se cale debout
au bord des mêmes heures
sur moins de certitudes
le coeur se pose mieux

c’est en s’y rappelant le tendre
que la neige a trouvé son vent

 


Photo : ENSEMBLE DEBOUT * Il y a deux jours, rue Beaubien – Montréal 2019

Et vous étiez si belles

Aux filles d’A. ˜ 

la neige nous montrait le chemin
c’est fou comme tout peut changer vite
un seul mouvement du vent
ou de l’âme
et le corps est ailleurs

je vous ai vues, imaginées
ensemble
près de l’arbre, du géant
en silence ou en prière
et vous étiez si belles

ce soir, je dors là où la forêt règne
où la beauté existe d’elle-même
dans le passage des saisons
la vie, la mort, sans faire d’histoire
et je pense à vous

c’est fou comme tout peut changer vite

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Photo : SUR LA ROUTE * Hier après-midi, sur la 40 (2019)

Et janvier l’invincible

et janvier l’invincible
avec d’autres matins à prendre

je parle des vents froids
et de cet air humide

et de ce sable aussi
calé dans ma mémoire
avec cette eau lointaine

en attendant
je m’en vais voir Gaby
il se sentait trop seul hier
et me l’a fait comprendre
« … demain? »
oui, je viendrai demain
parce que la vie, mon vieux
et pour un monde mieux

et puis aussi
pour tous les tracas que je botte
au filant des trottoirs


Photo : HOMME MARCHANT * Hier en fin d’après-midi, sur l’avenue du mont Royal – Montréal 2018

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