In extremis

J’arrive de trois heures dehors. À marcher au hasard.
Sachant ce qui s’en vient, j’ai voulu me gaver d’air doux.
Sa dernière caresse maybe avant le printemps.

Dans les prochaines vingt-quatre heures,
on y perdra vingt-cinq degrés.
Celsius, oui.

La pluie d’hier a tout fait fondre.
Et mes pieds ont béni l’asphalte.

Photo – BOUFFÉE SUBLIME * Aujourd’hui, 11h17 * Montréal 2019

Étreinte d’un dimanche

l’hiver arrive
qui souffle ses secrets

je pars marcher plus tôt
dans le matin plus chaud

plus tard, dit-on
le mercure chutera d’aplomb

en attendant tu me demandes
où sont passées tes larmes

j’ai vu une rivière argentée
sur mon chemin d’errance

une grande rivière où danser

 


Photo – L’ERRE D’AIMER * Décembre 2019 – Montréal

Novembre qui s’efface

Hier soir, la neige. La première vraie.
Celle qui vient tout éblouir.
Les coeurs et les pieds dans la boue.

Et ce matin, les branches blanches.
Le vent qui les secoue.

Et glissent en boules les flocons agglutinés.
Dans la lumière royale.


Photo – SUR DEUX MONDES * Hier, 17h44 – Montréal

La lumière persiste

C’est pris. Quelque part entre mon coeur et l’aube.
Et le soleil qui se hisse en haut des toits devant.
Et Chet Baker en sourdine, de la cuisine.

Par chance, les mots.
Et l’envie d’aimer. Malgré les états d’âme.
Cette distance qui nous ressemble.
Comme les deux berges d’une rivière.
Et les rochers. Et les remous.

J’irai marcher. J’y vais toujours.
C’est comme ça. Une manière de vivre.
Écrire et marcher. À travers ma ville et les jours.

Et attraper des images. Sur des battements de coeur.
La beauté qui s’immisce entre tellement de craques.

Tout va bien, t’en fais pas.
La lumière persiste. Encore collée au reste.

 


Photo – MOUVEMENT DES JOURS * Fin novembre 2019 – Montréal

Ton visage parlant

Je me serai vue à travers toi.
C’est comme ça qu’on se voit, non?

Nos désirs qui trébuchent et nos pas dans la boue.
Depuis nos barricades jusqu’à la poésie.
Tout le grand fragile et le fort.
D’entre nos rires, comme des ruisseaux.

Tes traversées devenues longues.
Les froncements, les lancinances.
Les clairs fuyants et les naufrages.
Avec toujours, les vagues entre nos yeux.
Comme des cailloux, des amours de rivière.

Et ta tristesse de ce soir-là. Ton visage parlant.
Un secret d’horizon, peut-être.

Là, j’attends. Que l’océan se pointe.
Pour me baigner un peu, sereine.
Dans l’eau salée et vive de mon coeur et du tien.


Photo – BONHEUR D’ERRANCE * Fin novembre 2019 – Montréal

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