Nulle part que la mer

Je l’imagine se pencher sur une fleur
comme on se libère de la colère du monde.
Et marcher comme on marche
quand on a nulle part à aller d’autre que l’amour.

Je n’ai gardé de mon enfance qu’un sentiment surtout. Quelque chose d’une rivière où se laisser porter. On ne contrôle pas la rivière, au mieux on épouse sa course.

Hier, deux étourneaux picorant dans la rue m’ont fait pencher la tête. Encore ce même indéfectible pour les oiseaux noirs. Il y a quelques jours, il était noir aussi le pigeon étendu au milieu du trottoir que j’ai déplacé dans la ruelle pour qu’il puisse reposer en paix. 

Ce matin je remue les mots pour y dépouiller les os plats de ma tête écarlate.

Photo – TOUS LES RUISSEAUX DU MONDE * Hier – Montréal 2024

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