Matin de février

petit jour, beau petit jour
qui se relève encore

Dans la cour,
la porte est prise dans la glace.

Dans le bureau,
je chauffe une journée tranquille
au petit bois de mots.

Photo : SOLEIL ET GLACE * Avant-hier, rue Beaubien  – Montréal 2019

 

Ton coeur sur la neige

un autre jour
à voir mourir les heures

je t’entends d’ici
qui laisses aller les choses
pour que tout apparaisse

avec ton coeur sur la neige
comme des rigoles au bord du monde

Photo : LE BEL ÉLAN * Février 2019 – Montréal

Les arbres blancs

j’aime quand j’ai l’espoir tranquille
celui qui n’attend rien que ce qu’il y a devant
comme ce matin les arbres blancs
et le coeur battant de ma ville

Photo : SWEET EXTASY * Bordée de neige de fin janvier sur Montréal-la-Blanche * 2019

Donne-moi

donne-moi l’ombre et la faille
mais donne-moi

le blanc, le noir
le début, le milieu
et la fin de l’histoire
mais donne-moi

tes montagnes et tes lacs
tes neiges et tes déserts
tes amours et tes peines
et tous tes vents d’hiver

donne-moi le jour et le soir
les coups de désespoir
la suite et l’abandon
mais donne-moi

je m’occuperai de vivre

 

 


Photo : LUNE DE VERGLAS * Avant-hier soir – Montréal 2019

La part des heures

devant mille choses qu’on échappe
sauter sur la part des heures

parce que déjà d’être vivants

Photo : VALSER LE TEMPS * Montréal – Fin janvier 2019

À mesure des mots

On se fait quoi.
L’un et l’autre. L’un à l’autre.
Des choses tendres. Et dures aussi.

Encore, ce matin, le soleil en découpe.
D’ici, je ne vois que sa portée.
Son éclat sur la neige. La blanche et la sale. Pareil.

Et mon cœur qui bat à mesure des mots.
Qui monte vers ma gorge. De peine et de joie.

Photos : PAREILLEMENT LE JOUR (diptyque) * Montréal – Janvier 2019

Se mettre au monde

Dimanche. La neige semée sur les voitures.
Le ciel est gris. La rue est brune.

Hier matin, quand elle a vu
qu’il faisait moins douze dehors,
elle s’est dit qu’il faisait doux.
Y a pas de doute, quand j’en suis là,
c’est qu’on est au coeur de l’hiver.

Et ce matin, entre son café et la fenêtre,
elle continue d’écrire. De faire ce qui,
quand elle se lève, l’arrache d’elle
et la remet au monde.

*

Je te dirai ma gloire. En silence.
T’as pas besoin d’y voir.
Je te dirai mon coeur. En partance.
Pas besoin de vouloir.
Un seul regard y fait.
Pour que le temps se pose.
Un seul regard.
Et le jour se dépose.

 


Photo : LE CACHE-COU * Montréal – 24 janvier 2019

 

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