Le corps du vent

et juste comme je m’apprête à publier ces mots
la blanche par la fenêtre qui revient danser

l’asphalte fissuré
par ses états de glace
et ce matin, la pluie
et ses ronds dans les flaques

le vent tiède s’en revient
et je l’attends, j’avoue
comme un amour vivant

Photo : LE BOND – Il y a trois jours * Montréal 2019

La belle errance

et l’allure de nos pas qui change
à mesure des jours

ce matin le ciel gris
et la glace encore prise

c’est tellement tranquille chez moi
qu’on peut se demander

et tout ce temps
entre le fleuve et l’île
au pied des fanfares
la marée qui fait ce qu’elle fait

peut-être un même élan
d’échapper à la gravité
sans mourir pour autant

Photo : ÉCLATS DE VILLE – Il y a trois jours, sur l’avenue du Mont-Royal * Montréal 2019

Simplement la beauté

Le ciel bleu ce matin.
Et hier, avec la neige, simplement la beauté.
Parce qu’elle est toujours belle, la neige.

Les jours passent, et les ombres.
Sur les rues plus étroites, comme devant chez moi,
la blanche qui tient encore. Sur les parterres et les trottoirs.
La lumière du ciel qui s’y verse.

G. est fatigué. Son temps achève sans doute.
Après une vie d’errance et de marginalité.
De mots absents. Mais de coeur, si présent.
Et ce regard, que je n’oublierai jamais.

Et encore et toujours, à travers chaque saison,
des morceaux de beauté. À prendre ou à laisser.

 


Photo : MA TENDRE VILLE – Hier * Montréal 2019

L’ultime caresse

tout ce qui sert à vivre
entre l’amour et le manque

haut par-dessus les toits
un oiseau vole seul
contre le bleu parfait du ciel

la neige d’hier qui est restée
c’est à prendre ou à laisser

j’irai voir G
j’irai marcher
guetter la fièvre de ma ville
marquée par son hiver
je t’ai dit quatre, mais c’est cinq
cinq mois qu’il dure

et tout ce qui dort dans le froid
en attendant que le vent tourne

Photo : RUMEURS D’HIVER ou WINTER RUMOURS – Avant-hier * Montréal 2019

Ô sublime mauvais sort

laisser aller les choses
même les glaces et la grisaille

devant le départ ou la perte
on s’arrête à moins

les arbres nus
même le ciel gris de ce matin
la laideur du trottoir d’en face
tout ça me paraît doux

on se reposera, tu dis
après autant de souffles froids

le temps a le dos large
mais au fond
le dos large et le temps, c’est pareil
on cherche le vivant dans ce qui nous unit

ô sublime mauvais sort

 


Photo : LA PART D’ÉBLOUISSANCE – Mars 2019 * Montréal

Amour et drogue douce

Pour G.

désormais si tu tombes
l’habitude y mêlera du vent

on voudrait, après autant de neiges fondantes
te savoir assis tranquille au bord de l’infini

heureusement qu’à défaut des mots
t’as les yeux pour le dire

en attendant je marche
au gré de cette ville que tu connais par coeur

une ville folle comme ses hivers
et belle comme ses printemps

ta drogue douce et la mienne

Photo : LA POÉSIE DES TROTTOIRS – Mars 2019 * Montréal

Question de préférence

La tiédeur montante du vent
et le mystère captif.

Le temps est engourdi.
La glace, la neige, tout ça fondra,
mais lentement. Du moins,
c’est ce qu’ils disent.

Et mes bottes qui ont fait
leur temps. Et mes pieds qui
vont se mouiller. Faudrait
que j’y pense un peu quand même.

Et dans ce poème ô si lyrique,
c’est là qu’arrivent les magasins.
Moi qui leur préfère le ciel.
Et les arbres et le vent.

 


Photo : L’HIVER FLÂNEUR – 12 mars 2019 * Montréal

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