Ton regard plasticine

ton regard plasticine
modèlera le jour
même si le ciel est bas
et ton cœur un peu lourd
du moins c’est ce que le mien
espérera toujours


Photo : AU PIED DES MARCHES – Août 2017, Montréal

Et mille autres caresses

les herbes et le ciel
et cette dérive pourtant
comme une aurore qui se faufile
entre les sautes du vent

le parfum
la promesse
je t’y donne mon cœur
et mille autres caresses

et entre les branches tendres, je te souffle
pour la millième fois
en silence ou en mots
que je t’aime
tout à fait
exactement
comme ça

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POUR AUTANT DE JOURS SANS Y PENSER – Août 2017, Montréal

Le jour rendu

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Bedford, Angleterre – Environ 1888

le mirage reconduit
l’espoir
qu’un jour le noir s’effacera
mais où irait tout le reste
le temps passe qui change vite
et rien n’est jamais si tranché
ni si clair

vas-y souffle
souffle ton vent sur la muraille
et quelque part, près du fort
et du tendre, on viendra
puiser à ton ambre
et te rendre le jour


Photo : INCONNUES / ÉTATS D’ÂMES
Toujours de cette même collection de photos trouvées dans un grenier de la Caroline du Nord.
Celle-ci a été prise à Bedford, en Angleterre, entre 1887 et 1890. Par Thomas Percy Graham.

Les mots de l’amie

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Portland, Maine (États-Unis) – Environ 1885

matin de vent et de tristesse, me dis-tu
où ton monde se disloque et ta révolte
gronde, mais matin clair aussi
où tremble sous tes yeux une feuille
tranquille, accrochée à sa branche
sous le ciel de juillet

d’ici je pense à toi et à l’infâme qui
nous met en déroute, même toi, la belle
désarmée qui jure de le rester

les rancoeurs sont pesantes comme des lames
d’acier et le berceau des arbres libre et
mouvant comme nos âmes


Photo : INCONNUE / LE REFUS DE LA GUERRE (Pour A, qui lui ressemble.)
Vient de la même collection de photos trouvées dans un grenier de la Caroline du Nord.
Celle-ci a été prise à Portland, Maine, aux États-Unis, dans les années 1880.
Le photographe était un dénommé Albert McKenney. 

Et dans tout ça, qui est le loup?

Trois jours sur le bord du lac. À regarder l’eau répondre au seul souffle du vent. Trois jours à regarder le ciel. Et la forêt aussi, l’horizon, l’immensité. Dans leur mouvance immobile.

Et la rive. Et puis à travers l’eau, les milliers de petites pierres. Quelques-unes qu’on sort du lit. Pour les y voir autrement. Sans contraste ni brillance.

Et le silence qui devient vertigineux. Tellement on le voudrait toujours.

Ce monde qui veut tant. Alors que c’est si bon de n’y rien vouloir. Rien que ce qui est là dans la grandeur des jours.


Photo : L’INFINI TRANQUILLE – Au bord du lac Kénogami * Juillet 2017

L’âme suit

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New York, environ 1888.

Où l’humain va, l’âme suit, dans la folie comme dans le reste. Elle n’a qu’un seul jardin pour y fleurir le monde et elle y fait à sa mesure. Et quiconque se fait juge se condamne lui-même.


Photo : INCONNUE / LA QUÊTE – Tirée de la même collection de photos trouvées dans le grenier d’une vieille maison de la Caroline du Nord. Celle-ci a été prise à New York, entre 1883 et 1892, par Charles S. Rawson, Artist. 

Un peu rose aussi

sous le ciel orangé et un peu rose aussi
tout va doucement

devant le feu du jour
un signe sur ton visage
et puis l’ombre
cette ombre qui se forme
la blessure, la trace partagée

naître
et en être
sans jamais trop savoir
ou pourquoi ou comment
y poser l’âme pourtant, et le coeur
et continuer d’y croire
toujours au moins assez

et là, sur ton visage
ton regard vers l’infini
… searching for home through the infinite…
comme le chant qui se mêle au vent
et qui tend, bienheureux, à s’éteindre

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AU SEIN DU MONDE – Hier, dans l’arrondissement Ville-Marie

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