Ces jours-là

En périphérie de nos âmes, tous les lendemains. Les jours qui suivent ceux où c’est lourd, de par tous les idiots et dignités usées. Les vengeances inutiles, les millénaires de cervelles gaspillées. La pensée en cristaux d’armes et le courage éteint.

Ces jours-là, je sors la liberté. Le reste va dans une boîte que le désert délave. C’est que le destin reste nous, nos charpentes, nos détresses et nos rires. Nos dérisions qui brument et nos corps qui labourent. Nos poèmes grands ouverts, clairs sur l’horizon. Les prières en venue et les vagues abondantes. Les collines posées comme des arpèges d’aurores. Et l’errance toujours, pour y toucher l’espoir. Tout le meilleur devant, et derrière à la fois.

Et à la fin, tout ce qui sort de terre comme une porte en néant. À reconnaître encore. Comme l’orage qui passe dans le ciel généreux. Et l’âme qui abdique au devant du matin.

Photo – JUSTE LE JOUR –  Février 2020 – Montréal

Boire le jour

Tu me demandes si on étanche mieux sa soif à force d’années en ruisseau. Ma seule certitude est que je n’aurai jamais fini de découvrir le goût de l’eau.

 


Photo – LUMIÈRE D’UNE FOIS –  1 mars 2020 – Montréal

De quoi me vivre

sur des sentiers intimes, je parcours le monde
sans même que sous mes pas la poussière ne lève

dans des passages étroits, je touche l’infini
ardent jusqu’en la rouille d’un pétale et sa fleur

sur le chemin des heures, je trouve de quoi me vivre

Photo – COULOIR * Février 2020 – Montréal

Baiser surprise

je l’aime loin, ma couenne
loin des vents arracheurs
au ras les coeurs tendres
et les âmes chercheuses

l’hiver perd en force

les coins de rue déjà en mares
de plein de neige fondue
la pluie est venue déposer
un bon gros baiser dru

personne n’a vu venir la chose
tout le monde est sans son parapluie

c’est toute la ville qui se mouille
là-bas les parois de ciment
et à côté de mon épaule
la vitre du café

 


Photo – ON Y AURAIT VU DES ROSEAUX * Avant-hier – Montréal

Corps et baraques

et la faille évidente de mon ventre courage
comme des vents de mémoires sur des baraques usées
des morceaux de miroir dans un monde agité

L’embrun comme un ami venu à la rescousse.
Et toujours le poème pour pénétrer le jour.

Pour tout ce qu’on y sent jusqu’au bout de nos corps.
Tout l’amour qui s’y cache que nous n’entendons pas.


Photo – FILLE ET MUR * Hier – Montréal

Le temps sur ton épaule

Pour Lau

peut-être le dernier coup d’hiver
avant qu’il s’essouffle

le jour s’estompe-t-il
à l’ombre des flocons
je sais juste que tout passe
et les passages avec

me poserais toute légère
après sur ton épaule
pour y voir plus longtemps
le temps qui fond comme la neige

 


Photo – CARESSE * Hier 16h24 – Montréal

Amas de cendres

la neige fond même dans la cour
les traces du chat d’à côté s’effacent

me reste ces amas de cendres
mais toujours la substance
le souffle nomade

mon coeur s’apaise à la pensée du vent
et des trottoirs dans tous les sens

 


Photo – CHARBON ET OUATE – Le 25 février 2020 * Montréal

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