La tasse jaune

Le temps n’est que la rivière où je m’en vais pêcher.
Walden, Thoreau
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Y a un tas d’enfants sur la rue.
L’école est presque finie.
Eut-ce été le printemps, en les entendant
approcher, j’aurais dit des bernaches.
Je range tranquillement la cuisine
pendant que Laure fait sa valise.
Ses livres du moment, une vieille robe
de lin, la cafetière italienne.
On devient ce qui a été. On s’habitue même
au silence et à l’absence de regards.
Je lui tends une tasse de brocante, la jaune
avec l’anse parfaite. États-Unis, années 60.
Tant que j’ai du café, n’est-ce pas.
Tu vas t’arrêter où ?
Quelque part sur une rive.
Tu m’écriras.

Quand rien de tout ce qui se dit
ne tient longtemps la route.
C’est sans rivière de plus que l’autre.
Ni de jour ni de vent.

 Photo :  POIDS PLUME D’AMOUR * Juin  2026 – Montréal

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