Je connais bien l’odeur du ciment quand il sèche. Petite, j’ai vu des champs se remplir de maisons. Les longues herbes où je courais ont toutes été enfouies sous des structures de béton. En même temps, par la fenêtre de ma chambre, le ciel perdait sa place.
Si on me demandait de quoi j’ai besoin pour écrire, je dirais d’abord une fenêtre. La mienne du moment donne sur deux érables et sur le ciel dessus les toits. Des milliers de matins à y poser les yeux sans me lasser vraiment.
La vie est une histoire qui ne se lasse pas de vivre. Et je lui ressemble quand même. Avec un peu moins de rivière, un peu plus de mélancolie.

Photo : BALLONS DE SOLEIL * Sentier de la voie ferrée, 17 juin 2026, 16h49 – Montréal
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