Joli bordel

Je rigole, je rigole, mais j’ai le coeur qui saigne. Jules

Et l’abstraction, qui tant me va.
Je dirais même qu’elle me sied.
M’apporte douceur. Me rend plus tendre.

ainsi je danse
entre le corps et l’essence

En attendant, le ciel est magnifique. Filé de nuages blancs.
Les trottoirs m’attendent. Et les oiseaux et les feuilles.
Qui savent encore voler et pousser par eux-mêmes.

 


Photo – BEAUTÉ D’ACIER * Le 2 mai 2020 – Montréal

Derrière le jour

Je me disais en te lisant qu’on décide pas de qui on aime.
Quant à l’image derrière le jour,
si on regarde bien, on arrive à la voir un peu.

Folle des vieux. De leur sablé d’histoire.
Des bouchées d’ombre et de lumière.
Tout le miel et le tendre. Et l’amer et l’envers.

Folle. Autant que je le suis des vieux arbres.

C’est un courroux en bandoulière.
Et une peine en sacoche.
Au pays des aveugles.

Photo – EN REMONTANT LA RUE ST-LAURENT * Mai 2020 – Montréal

 



Inspiré par ce poème, le Flying Bum a écrit la nouvelle LE MATCIMANITO. S’en dégage un parfum de légende…



Les rois borgnes

les bons sentiments font légion
dans les forêts la nuit

et puis il y a le vent
le vent qui ne fait pas semblant
sous les ailes de l’oiseau

et comme l’autre matin
la terre qui sentait bon

et mon indignation
à ne plus savoir qu’en faire

 


Photo – MA VILLE * 2 mai 2020 – Montréal

Un ciel d’étain

le hululement
c’est le vent, tu me dis
à l’aube, nos pulsions endormies

même si les grandes buses
ont les ailes dans la brume
accolées qu’elles sont aux fourbes avalanches
sur l’horizon voilé, l’anémone reste belle

et sous un ciel d’étain, l’eau perle dans les arbres
aucune cacophonie n’a fait taire la pluie

 


Photo – IMMORTELLE ÉLÉGANCE * Hier – Montréal

Là nos belles tendresses

où bon te semble
au moins ta tête
à défaut de voir ce qui pousse
ou tremble
chut
mais tu refuseras
de toute manière
c’est le corps en premier

et les oiseaux encore et le soleil qui reste

et l’errance
d’entre toutes les failles
un amour ploc qui n’en fait qu’à sa mer
c’est pas moi qui décide mais je veux la marier

le temps continue son ouvrage
au pied des violoncelles
jusque sur les cloisons

et les enfants qui sèment
jusqu’aux petits bonheurs

sur les poitrines silence
le poids des orchestres clinquants
le sang est sur depuis longtemps

y voir assez
depuis la liberté

là nos belles tendresses

 


Photo – TOUT PRÈS D’OLYMPE * 25 avril 2020 – Montréal

Parce que le piano

et ces murs qui aiment
les amours bulldozers
tandis que l’eau traverse
et que l’air y sèche
ni soleil étranglé
ni bourgeon qui s’emporte
mais des corps balourds
et des âmes dans le champ

se sauver clair du haut des toits
et si l’horloge ne tic tac plus
on laissera tomber les épaules
c’est tellement meilleur pour les yeux
et on continuera
de jouer du piano
juste parce que le piano

Photo – DISTANCE ANTICIPÉE * 25 avril 2020 – Montréal

Le ballet séant

alors on changera l’histoire
celle des papillons de nuit
difficile de dire sans dire
c’est ce que je voulais faire
du bout de l’âme
sans faire de bruit

d’entre toutes les heures
le matin des oiseaux

immenses les villes
et vos bidules
permettez-moi l’envers
et les becs sans médailles
asseyons-nous devant
mon abstrait et le vôtre
nos atomes vivants
et le ballet séant

et pourtant d’attendre l’instant
c’est fou comme le temps est là

le vent qui traque fort
les craques de nos baraques
et le grand quiproquo
des amours du dehors

et devant moi le ciel
qui s’attache mes yeux ou pas
mais sans lui rien qui ne nous croit
ni même le grand ciel d’aimer

 


Photo – OBSERVATEUR * Avril 2020 – Montréal

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