Là où tous les matins s’en vont

cherche-moi, tu dis
à travers les jours et les heures
au fil des notes de guitare
et ton beau sérieux ou ton chat

on connaît le fond de la cour
l’instant qui y joue à s’enfuir
les fameux chemins à rebours
le beau, le laid, les à-l’envers

et les croix en bénédiction
sur le mur de dehors

ta solitude me dit l’été
et tous les jours passés au bord
du pont
qui relie les deux rives

en attendant
vous pouvez toujours y dormir
jusqu’à demain sans y penser

pour les matins qui s’en iront
là où tous les matins s’en vont
pareil à la lune et la nuit
sans y perdre la fin

 


Photo : UN SIMPLE MOMENT – Rue Beaubien – 5 mai 2019 * Montréal

Structure

Un jeudi de pluie.
Comme plein d’autres avant.
Mais celui-là n’a pas la même texture.
Il contient autre chose, une tristesse de plus.
Une vie nouvelle.
Parce que les choses qui changent,
les petites comme les grandes,
refont chacune le monde.
Et la structure des jours.

un brûlant d’écume
et des racines flétries pour mieux se laisser prendre

la dune gardait ton secret dans le sable
maintenant le contour
le dessin et l’histoire

l’âme rêve de libre
et la tienne étreint des soleils

Photo : PAR UNE FENÊTRE SALE – Avant-hier, coin Sherbrooke et Aylmer * Montréal 2019

Les heures

un enfant, tête baissée, qui traverse la rue
un oiseau sur la branche basse
un sentiment diffus
et sous le bureau mes pieds nus, encore froids

la souche devenue légère
emportée par les eaux
et dans la terre après la vague
un trou béant

je pense à la pluie et au vent
à ce qui change infiniment

et à ton âme
qui a touché la mienne

on devient ceux qu’on a aimés

 


Photo : AUTOPORTRAIT ROSACÉ – Avant-hier, rue St-Vallier * Montréal 2019

Le stable mouvant

Et la fleur, qui se laisse être fleur.
Et l’océan qui tremble, comme tous les océans.

L’incertitude. Oui.
Plus reposante, c’est vrai.
Plus solide que le reste.

Photo : DOUCEUR – 20 avril 2019 * Montréal

Sur le chemin

Un jour plus gris.
Et le corps qui marche. Doucement.
Sur le chemin. Celui du moment.

Doucement. Sur le chemin.
Les pieds, le cœur, qui se déposent.

 


Photo : PLUIE – 19 avril 2019 * Montréal

Destination

encore les mêmes écarts
les creux artificiels
les propos détournés

dans les mouvements du ciel
et les tournants de l’imparfait
j’essaie d’embrasser le destin
celui d’avant et de demain

l’élégance des océans
et leur empreinte sur nos âmes
le grand tissu tremblant
où vivre un bout de jour

l’heure ne souffle jamais
le vent du lendemain
peut-être un peu seulement
y voit-on l’ombre du néant
un ciel ouvert qui se défait
à un tel point qu’il nous ressemble

 


Photo : LA FUGITIVE – Début avril 2019 * Montréal

Mouvement et désir

Et l’image qui s’écrit. Sans gravité.
Les voitures qui passent
entre les trottoirs enneigés.
Et toi qui guettes dans ton désir
l’histoire qui sera belle.
Un vent léger qui parera au lourd.
Un reflet tendre dans le noir.
Au milieu de ce qui oscille.
Comme ces nuits qui te prennent
et viennent te changer malgré toi.
L’invisible t’arrive.
Le silence reste entier.
Et un peu plus qu’avant,
tu te sais vulnérable.
De plus en plus sans doute.
Alors tu joues.
Ou plutôt tu rejoues.
Un peu plus fort qu’hier.
Au jeu de l’abandon.

 


Photo : DE L’ÂME QUI DISPENSE ET DU VENT QUI DÉCIDE (autoportrait) – Avant-hier * Montréal 2019

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