Corps de janvier

Un grondement de nuage, quelques oiseaux et un horizon électrique. Et je laisse faire la neige, qu’elle creuse dans mes dérives.

Tu pars sans y penser, c’est la belle évidence. Les ombres dans le matin, le soleil et les fleuves, on défait ce qu’il faut pour traverser le difficile. Et toujours on rêve de l’autre.

En attendant, il y a ce violon qui nous effleure de son archet.

Et la beauté de ne jamais se rendre où l’on croyait aller.

Photo : ET NOS TENDRES DÉRAPAGES – Janvier 2025 – Montréal

La glisse

Car si elle naissait, la phrase qui serait toute la réponse,
ni toi ni moi ne saurions la reconnaître 

alors jette-toi, jetons-nous dans ces mots copiés
d’amour, de merci de pardon.

Suzanne Jacob

Ce n’est encore, de grâce, qu’un tas d’os ou de verre.
Quelque chose de dur, mais de si peu de poids.
C’est mourir lentement.
Autrement c’est la neige. Et son vent amoureux.
Qui s’éprennent sans se perdre sous le ciel éperdu.

Photo : MARIE-NEIGE – Janvier 2025 – Montréal

Chemin fourchu

Un deux janvier.
Ç’aurait pu être un autre jour.
Une chambre presque vide. Un lit.
L’autre s’enroule dans ses pensées.
Une couverture glisse d’elle-même. 
Rien ne bougera trop.

Et dehors, le monde.
Où la neige a strié l’asphalte.
Où un ciel immobile enveloppe encore les heures.
Où l’escalier descend sans personne dessus.

Même rue, chemin fourchu.
Un tout petit enfant qui passe.
Un homme qui marche derrière lui.

Et ce matin j’ai lu des mots
qui ont fait bouger une pierre.

Photo : LA COUCHE DE NEIGE – Hier – Montréal

Poème de neige et d’amour

ça y est, ça tombe
en grands morceaux de lune tendre
ça tombe sur nos vies, nos peines et nos envies
ça tombe de là-haut sans qu’on demande rien

je mettrai ni chapeau ni mitaines non plus
mes joues se mouilleront de blanches peaux de lièvres

je me souviens de tout et j’ai tout oublié
on peut recommencer à s’aimer comme on s’aime ?

Photo : DANS LA COUR – Presqu’à l’instant – Montréal

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