La gorge

Je t’entends crier, la corneille. Seule contre le fond de l’air. Est-ce que c’est l’arrêt de mort, les avaries du monde ou ta simple nature ?
Vu d’ici, je n’ai pas de manière qui ne vienne de toi. De prière non plus. La substance du verbe occupe de plus en plus de place et sa musique à l’infini.
Et la même longue silhouette. Qui me suit comme l’hiver. À chaque heure, c’est pareil.
C’est le reste qui change. Les notes qui flottent partout dans l’air. Qui portent le plus beau de nous. Jusqu’au plus chaud de nos silences.

Photo : DANS LE FILM D’UN JOUR – Juillet 2025 * Montréal

Si l’oiseau est parti

C’est la folie.
Pas la furieuse mais la douce.
De chaleur et de vent.

Une petite brise sur les pieds, on laisse la fenêtre ouverte.
On se jette à plein ciel, quand l’autre dort encore.

Si l’oiseau est parti, c’est qu’il allait partir, non ?

Peut-être aussi. Qu’il était une fois.
Une femme et des enfants qui pleurent.
Et le rêve. D’une fuite parfaite.

Photo : MÉMOIRE VIVE – Fin juin 2025 * Montréal

Le temps ni le matin

Pendant ce temps la pluie.
Qui s’arrête d’un coup et j’entends les oiseaux.

Et l’air par la fenêtre qui refroidit mon bras.
Et le grondement d’un avion.

La cour est en forêt.
Les mésanges vont et viennent comme des enfants qui jouent.

Je lis une histoire de pleurante et de brume.

On sait que c’est vrai pour les larmes.
Et que le temps n’est pas le temps. Ni le matin non plus.

Photo : COEUR D’AMOUR – Fin juin 2025 * Montréal

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