Parole vive

si seulement pour les mots
leur beauté pure
ce serait déjà pas mal, tu dis

asphalte, vertiges, passants
terre, tiédeur

mais reste le corps –
et sa parole vive

pour nous tendre l’image d’une vie sans fin

PHOTO : SE TENIR IMMOBILE – Montréal * Avril 2022

Même si

le linge suspendu sur la porte
la pile sur le petit bureau

merci pour l’illusion permise

dans la terre du jardin
la pluie fait s’ouvrir les fissures

le sol se laissera retourner
la beauté est partout

PHOTO : FILLE QUI LIT – Montréal * Avril 2022

Le ciel entier

Bientôt les feuilles viendront.
Et ce vert tendre qui verse un baume court.

Mon âme se bute aux mêmes imbroglios
de vent ou de fleuve trop absent.
C’est partout la bourse ou la mort.

Là, ton piano qui me repose.
Me ramène à ce jeu qu’on jouait sans y penser.
Où le corps, du regard, visait le ciel entier
sans chercher à savoir d’où le son arrivait.

Je sais qu’il fait chaud quelque part. Mais ici,
même si j’éclate de rire, le froid persiste et dure.

Et sous nos pas, derrière les silences,
l’emmêlement aveugle d’un temps.

PHOTO : PENDANT CE TEMPS, LA LUMIÈRE – Montréal * Avril 2022

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