Pars au petit bonheur, je dis. Vas-y voler un char, comme une promesse d’océan.
Tu verras les chevaux. Le blanc et tous les autres. Et toutes les torsions de nos âmes sur les bancs de l’aurore. Les rudiments mystiques et limpides du temps.
Chaque eau cherche son robinet. C’est là que j’éclate de rire.
Tu me vois incrédule parce que le monde est fou. J’hésite à monter dans le train d’invisibles défaites. Trop de plastiques. Trop d’histoires hôtelières. Le miel comme l’ivresse suffit pour y toucher l’oiseau.
Des semaines à se vivre de manière équivoque. Rien d’immobile ni d’incendié. L’énigme et la tendresse calmeront la tempête.
Photo : DANS LA LANGUE DES HEURES – Montréal * Novembre 2022
Il y a d’être muette, dis-tu. Avec des mots couverts de cendres. Et le poids du vent et du froid sur les branches qui se dénudent dans l’amour béant d’une saison. Toutes nos folles langueurs. Et là le rayon chaud sur le visage de la passante. L’ombre de l’arbre dans la fenêtre en face. Et tous les quiproquos, même des amours tendres.
par chance que le temps s’abandonne aux froissements de l’espace qu’ainsi puissent parfois te suffire les trottoirs recouverts et l’homme à la main dans les airs qui fume en marchant lentement sur les feuilles gorgées de pluies tièdes
les roses ont fait une différence en attendant je pars dans l’air plus froid déjà laver mes yeux ouverts entre l’infinie lourdeur et l’infinie légèreté tellement je ne sais rien sinon à peine avec le temps un peu mieux nos folies peut-être et nos étreintes aussi