La tête ailleurs

D’y être presque. C’est la même mécanique
tant l’oubli a la mémoire longue.
Le même début d’histoire.
Le coup de la salive où l’on retient la note,
la prière cornée pour y arriver seule.
La seiche fait pareil.
On met le temps qu’il faut, dit-elle.

Et là, le même ciel.
Les rares feuilles qui résistent.
Et la blanche tombante. Si pleine d’eau
qu’elle ne fait que noircir l’asphalte.
Ça reste une histoire d’artères,
tant de ville que de corps.
Quand tu m’as lancé la bêtise,
c’est tout mon temps qui l’a reçue.
J’avais la tête ailleurs.
Et une petite mort à me faire.
Ne restait qu’à le vivre.

Photo : HIER RUE SAINT-VIATEUR * Montréal – Décembre 2023

5 réponses à La tête ailleurs

Laisser un commentaire