Fou de coller le mot sur le corps
pour y trouver le mot.
Fou de coller le corps sur le mot
pour y trouver le corps.
Suzanne Jacob
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À l’époque, ça fait trente ans de ça, on habitait sur la rue Fabre. Tu m’avais dit un soir que quelque chose avait disparu de mes yeux. Et quand j’y repense aujourd’hui, je me dis que c’était le vent. Et ce même train dans ma tête.
Hier tu m’as écrit. Tu dis que les jours passent vite malgré les épisodes. Et que t’as gardé les photos qui se trouvaient sur le frigo pour ces vents doux qui aident à vivre. Tu finis ta lettre en caresse. Les choses roulent au noir, on peut le dire comme ça, mais la neige est si blanche ici. Mes enfants sont venus. Les regards changent, même les leurs. Le silence ressemble à une ombre, je ris sans trop savoir. Je vois bien que les heures se payent encore ma tête et que dans le miroir j’ai la cime un peu triste. Mais t’en fais pas, je dors comme un vieux singe.
Tu divagues à l’anglaise. Ton coeur demeuré aussi grand que celui des grands éléphants.

Photo : NOS TENDRESSES – Janvier 2025 * Montréal
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