Depuis le début des bourgeons, quand le ciel est clair le matin,
je pense au Japon. Ce n’est pas l’envie d’y aller,
c’est la manière des couleurs, celles des verts sur le bleu.
Je viens de relire un courriel envoyé à une amie chère
un beau jour d’hiver passé seule à errer près du fleuve
dans les vieilles rues de Québec.
Je t’imagine au lit, au chaud du corps et des brioches.
M s’en vient, il m’a écrit. Il sera ici dans une heure,
ou deux peut-être, dépendant des vents dans le parc.
Le temps est froid à mort. C’est la troisième fois aujourd’hui
que je m’arrête dans ce café que je connais depuis trente ans.
Je t’écris en me réchauffant avec une bonne soupe à la courge
et en feuilletant mes trouvailles du jour.
Je joins deux pages d’un beau livre.
Un poème, je crois, que tu aimeras autant que moi.

Photo : POURQUOI TU PLEURES, EMMANUELLE ? – Mai 2025 * Montréal
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