Valse d’hiver

Un garçon s’en va à l’école. Il a pelleté l’escalier avant de prendre le trottoir. Il faudra dégager le nôtre.
L’aube est venue comme d’habitude sans hésitation ni murmure.
Et on voudra encore trancher d’entre le beau et le laid, le cruel et le bon, et le bien et le mal, et le vrai et le faux. Tracer cette ligne invisible qui raconterait le monde. Et moi qui suis faite de doutes avec un trou dans mon veston.
On a perdu un autre fil au coulant des saisons. Mais c’est pas les fils qui manquent au filant de l’espace.

Photo : ATTENDRE AU FEU * Hier – Montréal 2026

Gestus

Si la poésie loge dans l’esse d’une lampe, le rebord d’un trottoir, le revers d’une histoire, elle s’échappe aussi vite qu’un gros rat de ruelle.

L’hiver est encore froid. Il est dur cette année, semble long de chez long. C’est le temps sur le temps. En attendant, on ne sait rien de plus qu’hier. On reste ignorant du mystère et quiconque prétend le contraire s’amuse à sa manière.

J’espère dans les simples gestes. Ceux qui sans doute changent le monde.

Photo : LES BLANCS EMPILEMENTS * Hier matin – Montréal 2026

Contornare

tu sais la valise que j’ai
l’idée douce à mon coeur
quand devant le bruit d’une nuit
je crie déjà « silence »

ça tombait de côté – on voyait
les rues blanches, les arbres et les phares
et tout partout le doute

on a contourné le glissant, pas la glace
ni les trottoirs
mais les pour et les contre

quoi qu’on en dise, les choses changent

Photo :  SOUVENIR DE KHÔL * Avant-hier – Montréal

Cailloux et matins

Tout l’espace visible
et cette vieille horloge au
bout d’un lit sans pieds –
je n’ai rien entendu et pourtant
tu chantais.

Si la journée finit sans moi,
je ne le saurai pas demain
et de la table
tous les récits seront tombés.

N’est-ce pas qu’on naît
les mains vides –
sans la peur de perdre
ni les cailloux ni
les matins du monde.

Photo :  LES FRISSONS QU’IL NOUS RESTE  * Hier – Montréal

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