Partances

Journée grise d’automne. C’est beau et l’air est bon, mais j’ai le coeur ou l’âme qui flotte.
Hier, le ciel était strié. De blanc et de bleu. Bleu de nuages, pas de ciel. Les enfants jouaient, le soir tombait. Ça sent la défaillance, la partance de l’été.
Ce matin, il y a quelque temps, j’aurais appelé ma mère de qui c’était l’anniversaire.

Photo – SOUS LE CIEL D’HIER  * Octobre 2025 – Montréal

Laure et le reste

Je reste toujours pour le reste, me souffle Laure.
Pas pour les bouches grandes ouvertes, tombantes au détour de la nuit.
Ni pour les silences chargés.
Chaque fois je reste pour le reste.
Comme là les ruelles d’automne et les corps impossibles.
Et par paresse aussi sans doute.
Pour peu que je trouve dans le reste à mettre sous la dent de l’âme.

Photo – LE BEAU DEVANT  * Octobre 2025 – Montréal

Le vieux mot

malgré ces jours où la tristesse
en prend pour sa raison
l’automne continue
d’y tenir maison

même si rien ne sort encore
des cheminées de ville
on sent déjà venir
le froid et sa chanson

et je la chanterai

dans l’intervalle je chercherai
le vieux mot usé à la corde

je ne l’ai pas trouvé
mais je sais qu’il est tendre

Photo – MES DOUX CHEMINS DE VILLE * Octobre 2025 – Montréal

Sept octobre

Une sorte de vide, d’espace inoccupé.
De tout tenir sans rien serrer.

Si le ciel est plus gris qu’hier, la lumière change et reste belle.

À la fenêtre deux pots de verre et des tiges dans l’eau.
Il pleuvra tout à l’heure mais c’est sans histoire qui sombre.

Ça va. On s’en sort pas mal avec ça.

Photo – Hier * Montréal 2025

Inhaerens

Je l’ai vu descendre les marches la tête basse avec l’air de se demander s’il n’avait pas, peut-être, précipité les choses. Fallait-il vraiment que l’histoire se finisse de cette manière ? Rien n’est plus impossible à dire.

Maude en rajoute en demandant : faut-il vraiment rire et pleurer pour goûter à l’automne ?

Et là les feuilles qui se donnent. Et moi toujours plus bête qu’elles, je résiste aux vents du matin.

Photo – LES OMBRES DÉPOSÉES – Hier, dans une ruelle * Montréal 2025

Libertas

Il jouait du tambour dessous le viaduc. Vous le voyez de loin, du bout de ma lentille. Il jouait fort et bien. Et plus j’approchais, plus tout résonnait. La vie, le monde. Toute la folie des âmes. La grandeur infinie. La liberté aussi.

Photo – IL M’A SOURI AU PASSAGE – Hier – Montréal 2025

Soleil fou

Tu penses que tu
m’as tuée, mais si ça
se trouve tu m’as sauvé
la vie.

De toute manière, je
sors marcher. Il fait un
soleil fou.

Photo – SOMA ou L’ANGE – Octobre 2025 – Montréal

Singularis

J’ai perdu un vocable et cru me reconnaître dans la fillette de la toile appuyée sur un tronc. Pas celle-ci mais une autre.
C’est toutes ces âmes, me dit Jeanne, ces états de rivière. Et ce même sentiment d’avoir les pieds terreux. Tous ces visages détournés pour n’être vus que par le coeur vivant des feuilles et par le grand corps de septembre qui s’allonge sur octobre sans écraser personne.
L’hiver s’en vient. On aura assez d’heures pour y graver le ventre et se rire du reste. Ce qui libère est plus tendre que la raison. 

Photo – MAUDE ou LA LANGUEUR DE L’AUTOMNE – Septembre 2025 – Montréal

Remedium

Il a été sublime le grand air de septembre. Tous ces moments volés à la bestia, ces ciels beaux à mourir, et les ruelles plus folles chaque année : le meilleur des remèdes contre l’asphyxie provoquée par tous ces parfums qui émanent des arcades mondaines. 
D’ici, tout rebondit chaudement. Les feuilles parlent d’effondrement, de cette ligne ténue qui ne va nulle part.
Et Gaby n’est jamais très loin. Et ses yeux sont restés ouverts.

Photo – SCRUTER L’ÂME – Avant-hier- Montréal 2025

Prémices

Et cette ligne qui ne rejoint rien.
La fillette se lance, elle sautille même, par la fenêtre ouverte on l’entend bien qui chante.
Respire, me dit Laure, la saison nous enveloppe. De ce qui ose à peine et ces temps éclatés, ne prends rien au sens du jour. Le monde ne fait souvent que commencer.

Photo – BRASSÉE D’AUTOMNE – Hier – Montréal 2025

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