Si tu trouves la lettre d’amour, ne la lis pas.
Laissons-nous couler dans le sablier.
Suzanne Jacob
Assise au fin fond de la place,
je sirotais un allongé en relisant lentement
la lettre de Marie.
Une lettre de papier, une lettre entre les doigts,
une lettre à humer et glisser dans mon sac.
Marie qui écrit bien.
Qui aligne les mots comme un jardin de pommes.
Qui y met chaque fois de quoi sentir le vent.
Elle m’écrit la rupture d’avec cet homme doux
embrassé dans un train sans même le connaître.
On aura beaucoup ri et bu beaucoup de vin.
Et ronronné ensemble sur quelques hivers.
Qu’elle ne m’ait pas appelée pendant qu’elle pleurait tant.
Mais les larmes de Marie coulent sans faire de vagues.
Laura la tendre s’est approchée en me regardant
dans les yeux. Je t’apporte un autre café ?

Photo : RUE SAINTE-CATHERINE, UN SOIR * 17 août 2024 – Montréal








