Entre plume et mer

envie de mer qui chante
sans essayer d’y voir
et de couronnes à mille milles d’ici
d’oiseaux
de leur force sans force
du coulement de vivre aussi noir
que blanc

debout dans le couloir
mes yeux sur la photo
le rompu
qui s’approche

je connais la musique
vague
de la mer là-bas
et de nos âmes, qui sait
de nos âmes
sur les pans flous d’un jour
qui tient à autre chose

par le ventre, d’où partir
le bleu l’emporte
le huard du lac
et le piano encore

 


Photo – PLUME SUR MÉTAL * 3 juin 2020 – Montréal

La blessure amande

L’écorce suit l’invisible
et l’invisible suit l’écorce.

Et la blessure amande. Cet espace entre les roseaux dans les vaisseaux mères de l’absence. Chargés de bois d’amers pour autant de fruits tendres.

Elle aussi se voulait porteuse d’espérance. Dans les vents d’un lignage, sur les refrains de l’âme. À mer perdue devant la lune, poussée à coups de vagues et d’horizons tracés d’avance. Un corps à dire, écrit en abstrait d’existence. Ni mur ni secret peut-être, mais une vie qui louve avec trop à y taire. L’erreur est blanche, dit-on. Mais la bêtise s’entend, comme un chant, en fracas de pierre chorale.

Le geai trouve sa forme dans son destin ouvert, où les ailes se déplient, sans terre métaphore. De ciel en clair d’espoir.

Photo – TRANQUILLE * Champ des Possibles, 3 juin 2020 – Montréal

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