Les ailleurs plus tendres

J’suis pas une batailleuse, j’aime pas les prises de tête. Il fut un temps peut-être. Mais je suis devenue une pro de la fuite. Et s’il faut que je meure sans avoir démêlé un quiproquo entre le ciel et moi, je saurai vivre avec. Un mystère de plus ou de moins, c’est rien.

Plus jeune, j’aurais fait des pieds et des mains pour dégager les branches, arrêter les bourrasques, et calmer les tempêtes. Mais il semble qu’avec le temps, devant les turbulences humaines, j’en sois venue plutôt à m’abriter derrière les mots et les amours, dans quelque coin tranquille.

Ça n’a rien de l’indifférence, c’est une question de vents. Et d’ailleurs plus tendres.

Photo : MAISON SOUS L’ASTRE EN HIVER – Petite Nation – Mars 2022

La belle imprudence

Avec les doigts et sans rien d’autre,
on aura déjà un endroit où aller.
Dans la neige. Ou le sable en dessous.

On jouera la nuit noire qui n’y fait qu’à sa nuit.
Pour le sens d’elle qui met au monde. En y mourant de peu.

Je sais qu’il fera chaud sur les matins qui montent.
Et qu’on ira là-bas où on s’aimait déjà.

Le sang glacial même s’abîme –
jusqu’en crevasses dans la brume d’hiver.

Il fallait bien une certaine imprudence
pour y faire se croiser des dizaines d’oiseaux.

Photo : LE SOULÈVEMENT – Petite Nation – Février 2022

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