Un ciel de lait

Je n’ai pas d’ambition, dit-elle, sinon que la tranquillité. D’entre les heures grises, j’avance comme une feuille, sans m’accrocher plus fort que celle que je suis. Mais je m’accroche encore puisque j’y vois d’en haut le bitume cinglé. Je voulais dire cinglant. Mais on laisse faire les mots parfois pour qu’ils tombent en rafales et nous ouvrent le ciel. 

Je baisse les épaules. Une gorgée de café. Et la journée a déjà fait des milliers de miracles, longs comme des secondes. D’entre les heures grises.

Ma mère est morte le 9 avril 2019.
    Six jours plus tard, le 15 avril, au crématoire du Cimetière de l’Est, ici à Montréal, à l’heure même où je regardais la fumée s’élever dans le ciel, le feu naissait à Paris dans les combles de Notre-Dame.
    Une fois de plus dans ma vie, ma mère s’entourait de mystère. Elle est restée secrète sur les grands mouvements de son coeur. J’aurais aimé qu’elle me raconte. J’aurais sculpté à ses histoires un autre recoin de mes jours.

Photo : DEPUIS MES LONGS TROTTOIRS – Montréal * Novembre 2024

3 réponses à Un ciel de lait

    • Avatar de Caroline D Caroline D – Auteur

      Et tu t’en doutes bien, cinq ans plus tard, elle me trouble encore… Il est de ces choses qui dépassent la fiction et qu’on raconte en sachant que certains se diront qu’on invente. Merci, Philippe.

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