Lettre à une reine

La baignade nous a fait du bien. Même si Maude s’est encore battue avec des noeuds dans ses cheveux.
En attendant, la ville est belle mais le mois a passé trop vite. Chaque jour le soleil change de place sur la maison d’en face et le vent s’est franchement moqué de mes beaux espoirs de juillet. J’aime mieux la vraie chaleur, c’est tout. Humide et franche et sans détour. Jamais je me fâche après elle. Même que j’aime ça quand elle m’écrase. En plus, mon cerveau ralentit.
Maude m’a dit pour sa grand-mère. Qu’elle était bordélique comme cent et qu’elle racontait que le vent est l’amant du désordre et qu’un jour les cheveux de Maude seraient aussi fins que les siens. Et qu’on n’était pas à blâmer pour le ressentiment des autres, que l’envie mène au pire, et qu’il faudrait pas oublier que la peur a la cote aux yeux des rapaces de ce monde. Crée Maude. On s’en sortira pas.
Oh, et ton livre. C’est vrai que je l’ai magané. Glissé plein de fois dans mon sac sans trop faire attention. Mais c’est tout moi, c’est pas nouveau.
Tu m’as pas dit pour ta couronne.

Photo : (ELLE AVAIT LE PAS HÉSITANT…) – Juillet 2025 * Montréal

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