La laideur d’Anastasie

Dimanche. Le vent. Et un vase fait pour y mettre une seule fleur à la fois.

Clara est assise dans la chaise, celle qu’a fabriquée mon grand-père. Cachée par le rideau, elle espionne la voisine d’en face qui lit sur son balcon. Avec ma caméra, elle se rapproche assez du livre pour voir que c’est Malraux, et le titre Antimémoires. Elle fouille tout de suite dans Babelio.
– Écoutez ça : « La vérité d’un homme, c’est d’abord ce qu’il cache ».
Maude sourit.
– De quoi jongler pendant des jours, dit-elle.
Et Clara d’énoncer doucement son amour parfait de la chose. 
– Les mots c’est pas des guns.

Et par chance aussi la musique. Les âges de la lune et la chaleur des pianos. Et les comme-celle-rencontrée dans la cour d’Alice et Raoul – j’écris qu’elle s’appelle Arianne pour ne pas l’oublier. J’ai mis dans ses mains l’abat-jour que je venais de ramasser dans un tas d’objets à donner. De toute façon, moi et les choses de maison.

Photo : BEAUTÉ DE CARREAU – Juillet 2025 * Montréal

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