autant de fadeur de bleu de quoi faire un beau ciel d’hiver d’hiver près du printemps du printemps qui s’amène on s’y mettra à trois comme sur un jour de veine comme à ces biscuits de carême que ma grand-mère nous tendait malgré les creux du monde et les immenses peines et tout ce temps comme elle on se retiendra de tomber à l’envers de l’amour à l’envers des jours
PHOTO : ET LA LUMIÈRE QUI BOUGE * Hier midi – Montréal
Il y a toujours le train et les petits matins, la liberté trouvée à s’assoir tranquille. Et la neige qui s’apprête à fondre, il en reste encore tellement. Puissent la pluie et le soleil y aller doucement, ne pas trop inonder les caves. Et puis il y a ce qui survient et ce qu’on a du mal à faire sans qu’on sache toujours pourquoi. Les pensées qu’on promène entre la ville et la montagne. Les cailloux qu’on met dans ses poches pour les trier le soir. On pense souvent à celle qui voudrait mieux comprendre. Et on cherche une explication autre que celle de la broussaille et des mollets égratignés, celle des bosquets épineux qui prennent des bouts au passage. Bien des jours se sont écoulés. On aura glissé sur l’asphalte et cru mourir un peu. Mais le printemps s’en vient adoucir le vent.
Chaque jour je fraye avec le doute. Celui-là même qui semble vous laisser tranquilles, si épris de vous-mêmes, si certains de vos cibles et de vos ambitions. Si insensibles, voilà.
Bienheureuses les heures, qui coulent de rivière. Comme les gouttes qui se perdent et qui se laissent être perdues.