Sous le ciel délavé

autant de fadeur de bleu
de quoi faire un beau ciel d’hiver
d’hiver près du printemps
du printemps qui s’amène
on s’y mettra à trois
comme sur un jour de veine
comme à ces biscuits de carême
que ma grand-mère nous tendait
malgré les creux du monde
et les immenses peines
et tout ce temps comme elle
on se retiendra de tomber
à l’envers de l’amour
à l’envers des jours

PHOTO : ET LA LUMIÈRE QUI BOUGE * Hier midi – Montréal

Dulcis

Il y a toujours le train
et les petits matins, la liberté trouvée
à s’assoir tranquille. Et la neige
qui s’apprête à fondre, il en reste encore
tellement. Puissent la pluie et
le soleil y aller doucement,
ne pas trop inonder les caves.
Et puis il y a ce qui survient et ce qu’on
a du mal à faire sans qu’on sache
toujours pourquoi. Les pensées qu’on
promène entre la ville et la montagne.
Les cailloux qu’on met dans ses poches
pour les trier le soir.
On pense souvent à celle qui voudrait
mieux comprendre. Et on cherche une
explication autre que celle de la
broussaille et des mollets égratignés,
celle des bosquets épineux
qui prennent des bouts au passage.
Bien des jours se sont écoulés.
On aura glissé sur l’asphalte et cru
mourir un peu. Mais le printemps
s’en vient adoucir le vent.

PHOTO : UN CAILLOU DE NOVEMBRE * Montréal  (2025)

Extraneous

L’histoire me reste étrange.

Chaque jour je fraye avec le doute. Celui-là même qui semble vous laisser tranquilles, si épris de vous-mêmes, si certains de vos cibles et de vos ambitions. Si insensibles, voilà.

Bienheureuses les heures, qui coulent de rivière. Comme les gouttes qui se perdent et qui se laissent être perdues.

PHOTO :  LE CORPS PRIS À TÉMOIN * Hier – Montréal

No more posts.