Tout enroule le brusque. C’est l’oeil dans le noir jusqu’au clair d’après. Il est six heures trente-sept dans tous les cimetières d’ici. Entre deux stèles, les herbes insistent : biche et faon ont dormi là, lovés contre le corps de l’autre, dans l’air chargé de la rivière.
Et elle réapparaît, plus ou moins clandestine, les épaules coincées entre deux cargaisons. Elle se souvient du vent dans les feuilles du noyer, revoit courir le merle sous la chaise d’osier. De quoi prendre le jour sans trop laisser de traces, se perdre un peu plus loin dans l’histoire qui la sauve.

Photo : SOUS LA LUNE MONTANTE – Juillet 2024 * Laurentides








