ça y est
les portes s’ouvrent
les cours vont se remettre à vivre
et les coeurs à battre
au rythme tendre de l’été
on retient juste encore un peu / la joie d’y croire
disons qu’avril / s’est plutôt ri de nos espoirs
mais ça y est
il a fait chaud hier
il fait chaud ce matin
il fera chaud demain
bref, on l’a pas volé, que j’me dis
en m’assoyant dehors avec mon café
et puis
la une du matin qui vient me rappeler ma chance
nos murs debout
Racines et rivages
en revenant de Québec
dimanche
parce que quelqu’un que j’aime
a pensé s’y installer
on a pris le Chemin du Roy
et on est allés voir Grondines
j’ai grandi à Montréal
à quelque deux cents pas du fleuve
et quand je suis sur sa rive
où que ce soit
je me sens chez moi
bercée par le clapotis
le coeur tranquille
j’ai vu voler les bernaches
cher avril
t’auras été froid
mais merci quand même
Le grand parapluie
C’est une merveille d’ignorer l’avenir. Marguerite Duras
elle courait vite
j’avoue
et moi qui ne disais plutôt rien
mais le bonheur t’arrêtes ça où?
bref, v’là le parapluie parti de travers
et son long petit corps attiré par terre
enfin, à la fin
à quelques chaudes larmes de là
grands pas et petits pas
elle et moi ne regrettions rien
Indéniablement
La pluie? Au printemps, les plantes aiment ça
avoir de l’eau sous leurs aisselles… Laurie, 5 ans.
j’y suis allée
malgré la pluie
me rassasier de vent
nous étions peu sur la montagne
évidemment
quand le soleil s’est montré
j’arrivais de l’autre côté
pour une rencontre au centre-ville
j’ai vu des visages heureux
et entendu un homme dire
tout finit par changer

Immanquablement
Sans conteste
je resterai la même
et pas
le temps passera / et j’aurai accordé mon pas / au chemin changeant
je pourrais résister
et voir mes nuits en écoper
me plaindre et y voir mes jours en pâtir
ne me reste vraiment qu’à
chanter / danser / aimer
et là sûrement je m’y retrouverai
à la claire fontaine / m’en allant promener
oui, vaut mieux s’adapter, m’a rappelé la vieille dame /
Cécile son nom
Cap de traverse
la neige a fait ce qu’il fallait
et l’eau traverse la surface
elle mouille pour les jours qui viennent
printemps
comme j’ai bien fait
malgré le jour avancé
la montagne m’a parlé de l’eau
et les arbres encore de moi
de nous
un flanc abrupt
et les yeux sur la terre
j’ai agrippé quelques racines
pour franchir un cap
qui m’était inconnu
Vertige de souche
je vacille
devant le brouhaha
nos vies
toutes nos histoires qui s’entrelacent
je ne tomberai pas, dit l’arbre
mais s’il fallait
trop longtemps
si loin
tes racines
les miennes
je cherche
en attendant
je sais les branches
quand elles se déploient vers le ciel
Petit chemin
tu tiens mon coeur
je tiens le tien
petit chemin
où m’emmènes-tu
le vent qui souffle sous nos ailes
nos vies qui passent à tire-d’aile
je tiens ton coeur
tu tiens le mien
petit chemin
où t’en vas-tu
l’amour qui chante mine de rien
dessous ton chapeau et le mien
Valse à deux temps
la neige et le vent qui en remettaient
et ce gris dans le ciel
et le téléphone
j’irais bien marcher le long de la rivière, et toi?
… je passe te prendre, qu’elle me dit
et hop vers le nord de la ville
le nord de l’île
tandis que le ciel se dégage
filets blancs sur bleu
et la neige qui fond
vite comme elle est venue
danse jouissive, danse belle
d’un hiver fou qui s’acharne
et d’un printemps qui s’avance
entre tempête et accalmie
comme nos coeurs de certains jours









