Comme parfois l’amour

Faut croire que j’y tenais.
À cette image du soleil couchant.
Et pourtant, on pourrait se demander.
Si ça valait le coup…

Les doigts gelés
je remettais mes mitaines
et j’avançais tête baissée
avec et contre le vent
vers l’ouverture
(trafiquée toujours)
dans la clôture du CP.
Mais la neige avait neigé.
Et le plancher était plus haut.
Ou le tuyau de métal plus bas.
Bref, mauvais calcul.
J’ai levé la tête au mauvais moment.
Et bang, mon nez.
Dur. Fort. De plein fouet.

Tout ça pour ça.
Sans vraiment de regrets.

QUELQUES SECONDES AVANT L'IMPACT Près du Champ des Possibles, Montréal, février 2015

QUELQUES SECONDES AVANT L’IMPACT
Près du Champ des Possibles, Montréal, février 2015

Pulsion

Cinq semaines après ma conception
un premier boum boum.
Sans qu’on sache d’où ni comment.
Aucun déclencheur apparent.

Là, c’est cent mille fois par jour.
Trente-sept millions de fois par année.
Boum boum.

Je n’ai de certitude que le mystère.
Et un peu aussi peut-être, celle des coeurs tendres.

SWEET DÉLINQUANCE - Un mur d'abribus, quelque part sur le Plateau - Février 2015

SWEET DÉLINQUANCE (Bonne St-Valentin) – Un mur d’abribus, quelque part sur le Plateau – Février 2015

Le beau et l’inutile

Des cerveaux. Empoisonnés.
Contaminés par des idées barbares.
Des cerveaux.

Ça peut être si simple.
Ce regard qu’on pose.
Cette beauté qu’on voit.
Cette vie qu’on ressent.
Et pourtant, c’est facilement si compliqué.
Comme s’il le fallait.
Comme si le jeu en dépendait.

Un jour peut-être saura-t-on.
Décompliquer le regard.
Reconnaître l’inutile.
Enlever ce qui déborde. Ce qui dépasse.
Les dogmes, les préjugés, les idées qui s’ancrent
et auxquelles on s’accroche.
Et les besoins qui n’en sont pas.
Un jour peut-être saura-t-on
ne donner de temps qu’à la beauté des choses.
Et au miracle de vivre.

UN MORCEAU DE TEMPS - Hier, sur le mont Royal, dans l'air à -30 C

UN MORCEAU DE TEMPS – Hier, sur le mont Royal, dans l’air à -30 C

Symphonies humaines

Dans un monde qui n’accorde
aux aspirations d’ordre humain
qu’une valeur souvent dérisoire,
si l’on ne tend pas l’oreille avec force vive,
le brouhaha ambiant, assourdissant qu’il est,
tend à nous dérober la musique de l’âme.
Et des coeurs.

ESPACES INTÉRIEURS - Ligne orange, décembre 2014, Montréal

ESPACES INTÉRIEURS – Ligne orange, décembre 2014, Montréal

Brunante

Je suis remontée le lendemain, mais plus tard que d’habitude.
J’ai même flâné passé la brunante, saoulée par l’air humide et tiède.
Plusieurs fois, j’ai pris de longs respirs, habitée par une sorte d’urgence.
La lumière avait beau tomber, mon corps en demandait encore.
Je me suis assise par terre dans les feuilles
et j’ai pris mes genoux comme trépied pour quelques photos.
Je serais restée là des heures.
Dans cet air qui m’enveloppait comme une caresse d’avant l’hiver.

L'HEURE BLEUE - Soir de la mi-octobre, sur le mont Royal

L’HEURE BLEUE – À la mi-octobre, sur le mont Royal

Rose d’hier

Et puis le rose.
Et puis le rouge sanguin sur les feuilles jaune clair,
dans le grand arbre à côté de la maison Smith.
Ça n’en finissait plus d’être beau.
Et ce matin, il pleut.
Ce sera beau encore.
Mais hier était sublime.
Et je m’en rappellerai pour vrai
comme l’une de mes plus belles errances d’automne.

PLANCHER ROSE ET AUTRES MERVEILLES - Le 14 octobre, sur le mont Royal...

PLANCHER ROSE ET AUTRES MERVEILLES – Le 14 octobre, sur le mont Royal…

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