Brunante

Je suis remontée le lendemain, mais plus tard que d’habitude.
J’ai même flâné passé la brunante, saoulée par l’air humide et tiède.
Plusieurs fois, j’ai pris de longs respirs, habitée par une sorte d’urgence.
La lumière avait beau tomber, mon corps en demandait encore.
Je me suis assise par terre dans les feuilles
et j’ai pris mes genoux comme trépied pour quelques photos.
Je serais restée là des heures.
Dans cet air qui m’enveloppait comme une caresse d’avant l’hiver.

L'HEURE BLEUE - Soir de la mi-octobre, sur le mont Royal

L’HEURE BLEUE – À la mi-octobre, sur le mont Royal

Rose d’hier

Et puis le rose.
Et puis le rouge sanguin sur les feuilles jaune clair,
dans le grand arbre à côté de la maison Smith.
Ça n’en finissait plus d’être beau.
Et ce matin, il pleut.
Ce sera beau encore.
Mais hier était sublime.
Et je m’en rappellerai pour vrai
comme l’une de mes plus belles errances d’automne.

PLANCHER ROSE ET AUTRES MERVEILLES - Le 14 octobre, sur le mont Royal...

PLANCHER ROSE ET AUTRES MERVEILLES – Le 14 octobre, sur le mont Royal…

AAAAH l’automne

Le plus beau jour de la saison sans doute.
L’air chaud, les couleurs tellement vibrantes
que j’ai eu le sentiment d’une première fois.
Chaque courbe menait vers une autre mer d’orangés et de jaunes.
Et puis cette impression de boire les couleurs.
Qu’elles pénétraient en moi comme des remèdes divins, rien de moins.

VIBRATIONS - Le 14 octobre, sur le mont Royal

VIBRATIONS – Le 14 octobre, sur le mont Royal

L’étonnement et l’indignation

Je suis encore étonnée,
émerveillée devant la beauté des choses.
Mais indignée aussi
devant l’indicible stupidité
dont tant d’humains font preuve.

Je tiens à mon étonnement
et j’entends bien le cultiver.
C’est lui qui donne du sens à ma vie,
lui qui m’aide à rester en selle
malgré les secousses.

Pour ce qui est de mon indignation, je me pose la question.
Je ne veux pas la voir s’étioler, j’aurais peur de devenir tristement stupide.
Pourtant, j’ai de moins en moins tendance à la marquer.
Or, ces temps-ci, aux nouvelles, l’absurde est si souvent la règle.
Devant tant de bêtise toujours, je m’en tiens parfois rigueur.
Me faut-il davantage cultiver mon indignation?
Pour ceux qui viendront après moi, l’émerveillement suffit-il?

MUR DE FEUILLES - Au coeur de Rosemont, octobre 2014

MUR DE FEUILLES – Au coeur de Rosemont, octobre 2014

Ce qui s’insinue

je reste sur mes gardes
quant à ce que je crois être
tout comme je me méfie
de trop de certitude
histoire de toujours et quand même
avoir le loisir de changer
creuser les sillons qui m’inspirent
ceux où s’insinuent sans embûche
les morceaux de bonheur

AU PIED DE L'ARBRE - Sur le Mont Royal, octobre 2014

AU PIED DE L’ARBRE – Sur le Mont Royal, octobre 2014

Petit amour, petit refrain

le bruit des feuilles de septembre
sous mes pas pesants de géant
le goût du miel et du gingembre
et ce qu’il m’est donné de temps
pour regarder autour de moi
ce qui existe éperdument
si le doute est mon paysage
l’amour est mon bagage

À DOS D'AUTOMNE - Dans la Petite-Patrie, Montréal , septembre 2014

À DOS D’AUTOMNE – Dans la Petite-Patrie, Montréal , septembre 2014

Malgré la nuit

Les nuits m’emmènent ailleurs.
Ces jours-ci, j’y cherche souvent ceux que j’aime.
Je les trouve, en danger.
La vie la nuit est drôlement faite.
Un autre monde. Qui me fascine.
J’aime qu’il existe.
Malgré les cauchemars.

Je me vois cultiver un certain détachement
davantage que l’urgence de changer.
Je ne sais pas si j’ai raison d’aller là.
Mais la route m’apparaît plus calme.

MAIN DE GABY - Septembre 2014, Montréal

MAIN DE GABY – Septembre 2014, Montréal

Temps fort

je voulais te dire
si chaque fois je regimbe à ton approche
tu te montres et chaque fois je m’incline
la lumière qui brillait sur le brouillard
déjà au milieu du matin tu m’avais coupé le souffle
j’aurais voulu sortir Gaby
qu’il vive à fond ton air et ton soleil
mais on a dû se contenter d’une fenêtre entrouverte
au bout du corridor de l’hôpital
et je suis partie sur la montagne
en taxi pour aller vite
trois jours que j’en rêvais
c’était hier, automne
sur un temps fort de ton premier mouvement

COMME JE L'ENTENDS - Rosemont, Montréal, Septembre 2014

COMME JE L’ENTENDS – Rosemont, Montréal, Septembre 2014

Petites certitudes sur fond d’équinoxe

Le vent est froid.
C’est sans la tuque encore.
Et la lumière d’automne.
Quand elle décline, à la fin du jour.
Je l’ai vue hier qui jouait dans les feuilles.

Et moi qui recommence à chercher des images.
La vie qui continue.

Elle est orange la vie.
Elle est bleue la vie. Elle est rouge aussi.
Je vois bien qu’elle change encore de couleurs, la vie.
Et moi avec elle.

Je sais déjà que j’en prendrais mille encore.
Des vies, j’veux dire.

Rue Laurier, Montréal - Septembre 2014

Rue Laurier, Montréal – Septembre 2014

Et surtout danse

vas-y, rêve beau
rêve grand, belle âme
et que tout t’est possible
mais surtout danse tandis que le temps passe
ce sera déjà beaucoup
ce sera déjà assez
si simplement tu danses
le long du voyage

LE BONHEUR EST DANS L'AUTOBUS - Septembre 2014, Montréal

LE BONHEUR EST DANS L’AUTOBUS – Septembre 2014, Montréal

No more posts.