Il me semble que le temps ne fait pas la différence entre le vent du sud et le vent du nord. Toujours, dans les ronces et les roses, un parfum monte comme un bouquet d’enfance. Quelque chose qui tremble, ou embrasse un froissement d’eau. Un nénuphar ou un poème, pour le plaisir d’en être.
Tu dirais que c’est mon délire. Mais mon âme. Tu y verrais une mendiante, des faux-semblants. Mais mon âme. Rien n’est tout noir ni tout blanc. Parfait ou imparfait. Une absence des autres, un refrain retenu. Mais mon âme. Mais mon âme. Les violons qui te font pleurer. Ton doute trop grand pour une seule aube. Mais mon âme. Et la fille et son chien. J’ai l’impression qu’elle me ressemble.
Ce temps où les enfants y étaient. Et leurs sourires à boire. De te dire le sauvage, les broussailles du coeur devant le sablier. Si la poésie n’est qu’espoir, comment bercer le reste. Le précieux qui s’y cache aussi, comme en bord de rivière.
Le temps aura passé, sans sable ni sommeil. Le quai où accoster pour un instant ou pour toujours. Quand la mémoire me manque, quand je veux oublier.
Allez, lance le ballon, qu’elle dit, aussi fort que tu peux.
Ils ont ébranché mon érable à cause d’un fil électrique. Mon érable s’en remettra.
Autrement, une petite histoire. Comme un petit rond dans la mare.
Non mais vraiment, qu’est-ce qu’un potiron vient faire là-dedans?
Sérieux, allons-y de l’histoire.
Il était une fois, il y a quelques jours, un beau vieux forgeron. Fatigué de forger des boucliers contre la brise, il s’est arrêté auprès d’âmes errantes et d’un chien et d’un chat qui n’ont pas peur du vent.
Tes yeux qui vont du rideau blanc, qui pend là depuis tant d’années, à cette toile étrange achetée un jour de pluie battante et appuyée au mur dans la petite bibliothèque. Les plantes, les livres et le chat de papier mâché. Et le petit bouddha offert par l’ami tendre.
C’est vrai que tout se voit, comme là, le matin, les oiseaux. Le temps ne sait pas faire semblant. Ni ce vent d’âme, toujours en fugue. À force de valser d’errance, de langue d’aube et de rivière, de n’y sentir jamais vraiment que la seule eau du coeur.
Photo : EN ALLANT VERS LE SOIR * Juillet 2021 – Laurentides
Un coup d’eau indécent, si la chose se peut. Toujours est-il que j’ai oublié quelques pages au milieu du jardin. Pas regardé le ciel. Pas vu venir l’orage.
Quelques lignes perdues. Des aboiements de plume. J’y sublimais le gros des revers mondains.
Par chance le jour s’écrit même au mouillant du monde. Et au plus fort des gouttes, j’ai marché vers chez toi. Et j’ai laissé exprès mon parapluie chez moi.