Sur le fil d’un dimanche

un dimanche où la lumière
m’apparaît plus claire
le monde bouge les choses dansent
et j’ai l’idée que peut-être
je mourrai un jour
je sais, je sais, ne riez pas
ou plutôt, oui, riez surtout
tout va si vite
et sans ralentir jamais

Photo/Diptyque : DANS LES YEUX DE GABY – Mercredi matin

Un certain sourire

je la trouve belle

la photo est vieille
trouvée dans les affaires
d’un vieil oncle qui vient de mourir
et qui a longtemps voyagé

je ne sais pas qui elle est
au verso à la mine
il est écrit mme benier

ni où elle a vécu
un pays chaud sans doute
par le rideau sur la porte

mais je sais que
je la trouve belle

dans ses yeux je vois un sourire
et toute une vie et des tristesses
et si je plonge un peu encore
de l’amour et de la patience

tout ça du moins il me semble

Parce que la lumière

dans le fleuve des jours
la lumière
son impossible absence

et le printemps qui tend
vers ici
lentement

la montagne était de glace
et absolument belle
mais quand même
un p’tit enfer pour le dos
à peser chaque pas
pour ne pas tomber

j’ai marché avec anne
ça faisait longtemps ensemble
c’était avant qu’elle parte au japon

et l’hiver continue
les jours s’allongent
la valse du temps
qui se poursuit
et la lumière encore

il m’arrive de me dire
quel étrange miracle 

Photo/Triptyque :  TOUJOURS LA LUMIÈRE – Hier, entre montagne et plateau

Le ciel libre

je regardais le ciel
aussi bleu qu’il sait l’être

et puis dans le journal
une image

tous ces états d’urgence
et la poésie qui tremble
d’être mais si légère

et j’ai marché
et des heures ont passé
la lumière a changé

et je me suis dit
que l’art le plus fuyant
celui dont je rêve
à travers chaque image
chaque vers chaque silence
celui qui m’emporte et me fait continuer
et que je cherche par-dessus tous les autres
n’est toujours
que celui d’être libre

carolinedufouramrdevdes

RALENTIR AU SOLEIL (moment d’extase) – Avenue du Mont-Royal, cette semaine

Combien je rêve

combien je rêve
de ce bout d’histoire
où l’on se fond sans se pourfendre
aux confluents de nous

et c’est le coeur, je sais
qui un moment se tend
et l’autre se défend

et c’est le monde, tu dis
et c’est la vie
l’écorce aussi belle que le germe

mais combien quand même je nous rêve
enlacés jusqu’à nos ruisseaux

Photo :  CONFLUENCE – Cette semaine, sur l’avenue du Mont-Royal, avec la montagne en arrière-plan

Kick matinal

j’ai kické les cailloux gênants
et regardé le ciel
qui ne demande jamais
qu’à être son bon ciel
de là j’ai kické les histoires
qui forgent ma misère
et au final et pour ma gloire
ma very very gloire
j’ai calqué sur le vent
qui se mourait de rire
en soufflant bon allant
dessus ma tour d’ivoire

Photo :  AUTOUR D’UNE FLAQUE – Avant-hier, dans mon quartier

Le lit du poète

dis-moi
j’oublie toujours
où se trouve le lit du poète
dedans ta seule église

je sais, je viens et je reviens
cherchant sous chaque branche
furtive et impatiente
autant que je le suis

mais c’est te dire combien je rêve
de me trouver nue contre lui

carolinedufourasallbw

L’IMAGE – Février 2017, Montréal

Les franges dans la neige

carolinedufourclaluet les franges dans la neige
t’y penses parfois
à tout ce bleu qui s’abandonne

on jette quoi, dis-moi, comme autant de vieux souliers

d’autant plus qu’on n’invente rien, on ne fait que le voir
comme là, le soleil sur la rue et les effets du temps

et les branches qui balancent, les as-tu jamais entendues
te dire la peur d’être oubliées ou d’être bafouées
quand le vent les y joue
elles dansent elles tombent elles meurent
et puis

et puis c’est tout

on jette quoi, dis-moi, comme autant de vieux souliers

Photo :  CLAIRE DE LA LUNE – Février 2017, Montréal

Nappe blanche

nappé de blanc
tout l’est
sauf pour quelques traces beiges
dans la rue
les pneus, leur saleté
un vieil homme passe
les yeux devant et l’air tranquille
le ciel est couvert
et la lumière spectaculaire
je serai bien sur la montagne
enfouie dans le blanc des arbres

carolinedufouraptemde

FEMME, NEIGE, ARBRE – Devant chez moi, à l’instant

Dans l’aube échappée

carolinedufouratso2r

d’or turquoise et d’argent rose
je les vois qui tombent du ciel en petits monceaux clairs
et l’hiver qui se déploie comme un océan blanc
parsemé d’aquarelles et de soleils levants

et rien
qui n’y fait grand-chose
que les astres d’eux-mêmes mais encore
et dans l’aube échappée des refrains que l’on ose
j’attrape sur leur trace
des morceaux de bonheur

Photo : L’ATELIER- Février 2017, Montréal

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