Le coeur d’un hiver

mon âme errante
revient toujours
elle émerge quelque part
entre deux matins
juste là, je l’ai vue
à travers la lumière orange
dans une mêlure de neige sale
et de soleil

il a plu cette nuit
et y a la glace qui fond
c’était moins vingt hier midi
quand même

j’m’en viens te trimballer mon âme
dans les eaux du coeur d’un hiver
j’ai fait réparer mes bottines
on est parées pour des rivières

Photo : LA VIE EN ROSE OU À PEU PRÈS – Février 2017, rue St-Viateur

Ne sois pas triste, Joséphine

petit matin doré et bleu
ma ville est belle dans sa blancheur
la souffleuse tasse ce qu’il faut
faut bien que passent les autos

v’là une fille les oreilles à l’air
le soleil sur son beau visage
c’est sûr qu’y fait moins froid qu’hier

pis la p’tite voix se fraye un chemin
allez, les fous font pas l’printemps
l’amour peut vivre en attendant
ne sois pas triste, joséphine
le monde se cherche une mine

plus tard je traverserai la ville
j’irai voir gaby et cécile

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TOUT DOUX LE VENT – Montréal 2017

Le vent souffle

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j’entends le vent qui s’agite
ou serait-ce nos âmes

du sous-sol du monde, une émergence
un terreau d’espérance

dans mon propre ventre
et mon propre regard
j’ai senti la poussée d’un autre paradigme

une brume qui se dissipe
un horizon qui s’ouvre
sur ce qu’il reste à faire

des gestes pour nourrir
et des mots comme des roses

Photo : DEUX FILLES, UN CAFÉ – Janvier 2017

L’impossible neige

le monde est un miracle
la neige un impossible et pourtant je la vois

tout est resté en place
ici rien n’a bougé
mais ça t’arrive à toi
alors ça m’arrive à moi

c’est comme ça
nos pas qui se mêlent jusqu’à l’art d’aimer

vivre libres et ensemble
dans le désir que les choses soient belles

le monde est un miracle
où tout est possible

Photo : UN HOMME, UNE VILLE – 30 Janvier 2017

Elle est là

comment rester lucide
sans me sentir complice
le matin
la nuit
au creux de mes parures
quand j’entends moi aussi
les cris

pour un peu que je la regarde
elle est là, ma déchirure

et je n’ai que le courage
de m’acharner sur la beauté

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AU FIL DES JOURS – Janvier 2017

Présence

cette danse
d’entre les paroles et le grain
la couleur qui pardonne
et l’accord qui reste
quand même
entre la beauté et le monde

tout ce qui se donne
pour qu’on sache comment

la lumière sur la neige
comme un espoir

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ÉBLOUISSANCE – Montréal 2017

Les impossibles heureux

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même si l’impossible verse aussi dans le sombre
et ces temps-ci, on dirait, plus fort que dans le clair
je m’accroche à mon refus
de donner à l’amer

si j’ai souvent le souffle court
et le coeur qui se serre devant le fou et l’irascible
je vivrai pas désespérée
dans une prison de fiel

Photo : FEMME, CHIEN, ARBRES, NEIGE – Hier, rue de Bernières, Ville de Québec

* La tuerie à Québec est survenue hier, presque au moment où je publiais ce texte. Mes mots ne font pas le poids ce matin. Je les laisse quand même pour ce qu’ils portent de vérité. Avec tout mon amour à ceux qui souffrent. 

La boîte à vents

L’orchestre joue une ballade. Du haut de son bonheur, il contemple la route et tous les pas perdus. Et ça lui paraît beau, de jour comme de nuit. De la scène ou d’ailleurs.

J’aime sentir que tu me cherches.
Comme le vent sous la porte qui vient se glisser sur ma peau.
Si ça sert pas à ça le temps, ça sert à quoi?

Surtout ne sois pas triste, mon coeur.
Le monde a besoin d’anges, jusque dans les ruelles.
Viens, on va danser. Je sortirai ma boîte à vents.

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TENDRESSE D’HIVER – Hier matin, devant chez moi

Jazz et prospectus

La neige stoppeuse ralentit l’homme aux circulaires. Il se penche en avant pour faire rouler son carrosse. Sur son sentier d’hiver, y a des matins comme ça. Où le ciel bas lui arrache son ombre. 

allez vas-y, cunégonde
un jour tu sauras le monde
la lourdeur n’est pas hirondelle
ni deux ni trois dans la marelle
je sais l’instant qui se répète
mais je préfère la trompette

et s’il est long de long
le chemin entre nous
le plus beau dans tout ça
c’est déjà qu’on y soit
et encore qu’on y reste

L’air est humide. Si ses os lui en parlent, lui ne s’en plaint pas. Il roulera son carrosse rempli de prospectus aussi longtemps qu’il le pourra. Et dans quelques mois, ça sentira les roses et les fleurs de magnolia.

Photo : ESCALIER, ARBRES,MAISONS ET NEIGE – Par la fenêtre avant * Janvier 2017

Clair chemin

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qu’on ait l’aube et la beauté
jusqu’au fond de nos âmes
les yeux pour voir le jour
le cœur pour sentir l’arbre
et l’espoir
pour s’en faire un chemin

Photo : DEVANT – Rue St-Denis * Janvier 2017

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