Lieu de repos

ma belle errance
ma tendre liberté
c’est toujours dans
l’esprit de toi
que je trouve le plus
grand repos

my dear wandering
my so tender freedom
it is always
in the spirit of you
that I find
the greatest repose

*Photo : LA TRAVERSÉE – Plus tôt aujourd’hui, sur la voie ferrée

Doucement nos dérives

là où le temps est un grand lac
l’amour est un mirador
et la confiance un solide radeau

where time is a great lake
love is a mirador
and trust a solid raft

carolinedufourlaukalc

LAURIE ET KALOU – Juillet 2016, Montréal

Translation of title : GENTLY ADRIFT

Et subsiste le rêve, le même

entre laid et libre, la lumière
dans le versant comme un voyage
beau par sa seule forme
selon que je l’offre à l’errance

quand j’y pense
je n’ai jamais eu qu’un seul rêve
celui d’être libre et sans peur
pour l’amour et le reste

*Photo : LA COULÉE D’EN HAUT- Le 5 juillet 2016, sur le mont Royal

Pendant le ciel

ce matin le ciel bleu
et le vent par la fenêtre
mon cœur et mon corps
à découvert

il y a le geste tendre
qui y fait pour beaucoup
et puis il y a le juste
le mot comme l’homme

la musique des âmes
sans note cruelle
c’est tellement bête de ne pas se le faire
pendant qu’on a le temps
et le matin le ciel et le souffle du vent

carolinedufourteju

ARRÊT SUR IMAGE – Hier, dans mon quartier

Gangrène d’âme

souviens-toi surtout
de ne laisser à eux-mêmes
ni l’orgueil ni la haine

remember above all
not to leave pride and hate
to their own devices

*Photo : POUR LAURIE (Fleurs de tomates au petit matin)
Le 3 juillet 2016, Montréal

Tendre vers l’autre

et ces âmes qui s’égarent
dans l’immensité de leur chair
sur la planète comme dans un corps
des cellules viles qui en détruisent d’autres
on sait bien peu aimer encore
on ne maîtrise pas le tendre
et ici, sous la pluie
l’écureuil court sur un fil électrique
et aussi gris que soit le ciel
l’apitoiement reste un manque
absolu d’intelligence
j’entends le bruit des voitures
on part travailler comme d’habitude
dans cette ville tranquille

carolinedufourfichchdes

LE SOURIRE – JuIn 2016, Montréal

Amour organique

Les mots me fuient depuis trois jours. Drôle, c’est depuis que t’es parti. D’habitude, j’me vis bien sans toi, mais là, un peu moins on dirait. Bref, tout à l’heure, je cherchais sans trouver, en regardant dehors. De l’autre côté de l’allée, un homme étendait sur la corde, soutien-gorge et pantalon, sans se presser. J’y ai vu la douceur du monde. Et la lenteur aussi.

Tout ça pour te dire que j’ai mis de côté mes pages et entrepris de réchapper la vieille table qu’on a ramassée dans la ruelle l’an dernier. Je la trouve trop belle pour la jeter, malgré les pluies qu’on a laissé faire. J’ai sablé pour enlever les petites poches qui s’étaient formées, et là je lui mets des couleurs avec un vieux pinceau. J’essaie d’imiter quelque dieu, ou les gestes de Nathalie, pour donner l’impression de lichens d’arbre ou de pierre. Avec un peu d’imagination, j’y vois déjà des semblances d’usnée. Et de parmélie par endroits.

J’espère que tu vas l’aimer.

Photo : BOUT DE TABLE – Juin 2016, Montréal

Chaque morceau

j’ai pris le temps
de toi
comme d’un vent de mer
une caresse vague
qui déferle en silence

il y a l’errance et le mystère
et pour chaque morceau du jour
je veux
n’avoir besoin de rien
que de confiance et d’amour

carolinedufourfuanhp2e

CHALEUR ROSE – Juin 2016, Montréal

Douces fugues

Un pique-nique. Une petite foule rassemblée sous un gros arbre. En lisière du parc, un terrain désaffecté où une fillette déambule, juste assez loin des autres, le nez dans son livre.

C’était hier. En la voyant là, qui faisait les cent pas dans son monde à elle, je me suis souvenue de moi à son âge, qui lisais partout, envers et contre tout. Au point qu’un jour, à l’insu de mon père qui grognait de voir de la lumière sous ma porte aussi tard le soir, ma mère m’a offert une lampe minuscule, faite exprès, que je pouvais pincer à mon livre et qui me permettait de lire sans qu’il le sache, cachée sous les couvertures. Du bonheur pur.

Cliquez pour vous approcher d’elle…

Merci m’man.

La route

on se perd
à chercher la mesure de l’amour
qui ne peut en avoir

we get lost
in searching the measure of love
which cannot have any

Photo : TRANQUILLE – Printemps 2016, Montréal

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