du moment que je goûte aux morsures du vent
j’me rirai tant que j’peux des morsures du temps
moi qui m’aime légère
et qui me cabre
encore
quand je sens s’enfuir les vents chauds
si vous l’aviez vu
ce manteau
beau manteau blanc des derniers jours
venu abrier ma ville
et là maintenant
ce matin de froid polaire
dessous le ciel
qui a bleui
et les pans de lumière
sur les rues déjà sales
j’entends le bruit d’la déneigeuse
et je pense à la montagne
où la blancheur pourra vivre
et la fournaise qui repart
ça fait combien d’fois aujourd’hui
et moi tout à l’heure
et quand même
j’irai mettre le nez dehors
vers le frimas dans mes narines
les brûlures sur mes joues
et le soleil qui danse
et pour la femme au manteau noir
c’était hier dans le métro
sur l’autre quai
j’la trouvais belle assise là
et je résiste pas
j’essaie même pas









