je m’impose ou je reste coite
sans histoire
comme un dieu qui boite
et qui se cherche dans le monde
un monde où tout parfois s’effondre
et tout parfois s’érige
pour la somme des hommes
l’intérêt des choses belles
le jour où on arrive à voir
jusqu’au fond du cœur
le cœur de l’homme et de sa sœur
je vois les feuilles oranges
une rue tranquille
et je rêve
de maintenant
de ce qui est déjà là
et qui ne dépend que de moi
un regard, des mots, des rires
une danse à n’en plus finir
cherchez-moi vous me trouverez
je reviens quand on me sonne
et pourtant
je ne réponds à personne
musicienne
avec toi et lui et elle
et l’instant du ciel
pourquoi j’irais autrement
j’essaie de laisser venir
et puis après on verra
tu vois c’est pas compliqué
et ça ressemble à moi
après j’allume le feu
ou je cours chercher du bois
c’est vrai la forêt me manque
parfois
mais sinon tout va bien
c’était une lettre
quelques mots
parce que je pensais à toi
à nous d’il y a longtemps
j’espère que tu vas bien
malgré toutes les peurs et toutes les erreurs
j’espère qu’on s’est fait du bien
et qu’en bout de compte c’était l’amour
même si parfois on se demande
alors, à un de ces jours
c’était moi, pour toi

SE FAIRE UN CINÉMA, Diptyque – Montréal 2015 et Paris 2003
Poésie et photographie
(Montréal, Québec)