et les granges les vieilles qui laissent faire le vent
et là sur un brouillon mille fois la rivière
depuis que je ne t’y vois plus ma vie compte un amour de moins
mais ça ne reste rien qu’une petite fin du monde
Photo : MES BONHEURS DE DÉROUTE * Sur la 148 – Petite Nation – Avril 2023
« Libre, il n’est que libre, au cœur de sa prison. Ni compromis, ni compromettant, il se sauve en avant sans vraiment fuir quoi que ce soit, sinon l’essentiel, l’ennui et l’insignifiance. » Serge Bouchard
Dans les petites heures de la nuit, l’oiseau malmenait le silence.
C’est vrai qu’il est long le chemin. Celui du vent qui passe. Et de la rivière, même loin. Long à s’y prendre le coeur.
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Si dans ta barbe tu t’en souviens un peu, dis-moi est-ce qu’on s’était déjà perdus quand la nuit est venue est-ce qu’il faisait si noir qu’on ne s’y voyait plus?
L’aube y prend le matin par le vent et le ciel et moi je te prends par la joue
Dès que je cherche l’heure, le temps part à mes trousses comme un petit voleur. Je ne forcerai rien dans un sens ni dans l’autre, j’aime trop la rivière pour ça.
Photo : BLANC SOLEIL * Hier, sur la 148 – Petite Nation
Cinq minutes avant qu’elles s’en aillent, j’entendrai des talons. Puis j’entendrai la porte et les verrai descendre. Elles marcheront ensemble vers la rue commerciale.
Le vent est doux, mais il est là. Dans le petit pommier, le vert tendre s’y met.
Plus tard il y aura la rivière. Et on fera des petits feux.
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Sur September en boucle – la toune de David Sylvian
Photo : ET L’ERRANCE TOUJOURS – Avril 2023 * Montréal