C’est vrai pour le silence, je lui dis. Et le grognement du monde comme d’un chien assommé. Vrai pour le spleen aussi – le temps d’un pied fourbu qui se lève au matin et la part qui pénètre la chair. T’as raison pour la vague qui me reste du bassin de rivière. Et le bleu d’une saison sauvage. Mais il flotte sur juin la prière de ma ville, la senteur des roses.
PHOTO : LA PLUIE ET L’ARBRE – Deschambault – Juin 2022
Des livres sur la table, deux qui seront restés fermés et deux que tu auras ouverts au fil de la journée pour sentir le parfum des mots / De cette vie, à souvent chercher quelque chose d’une peau échappée qui t’aurait laissée là sans existence que celle de ta chair intérieure / De ce souvenir d’une nuit, noire d’entre les noires, et de tes forces mises à croire que tout se passerait bien, qu’elle s’en sortirait, que son corps saurait faire / De ces lambeaux de peau que t’as pas vus tomber.
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PHOTO : UNE HISTOIRE DE JOURS – Montréal – Juin 2022
il y a de ces lieux comme Grand-Remous et Cascades-Malignes, de ces endroits aux noms venus du corps des âmes vives – d’un temps d’avant ce vent qui lisse et aplatit les jours jusqu’à y rabrouer le chant des rivières qui s’emportent
respire, me souffle-t-elle et puis oublie un peu
la pluie y sera belle tout le long de la route
et quelque part tu y auras vu le grand fleuve et la rose
PHOTO : LE TRUCK ET LA PLUIE – Sur la 40 – Juin 2022
Un parfum d’envers, ça te dit quelque chose? C’est là, on sait pas trop pourquoi. Ça arrive, sans qu’on ait vu venir. On pensait savoir, mais on savait rien.
j’ai lu ailleurs loin de toi, loin de nous des mots indéchiffrables
j’aurais pu essayer mais ils étaient si beaux sans tête que j’ai préféré pas
tu comprendras, je sais combien le loin peut parfois nous sembler plus près que le près
et que de toute manière avec le temps qui passe, surtout s’il s’agit de rivières et de quelques belles eaux claires, on se laisse emporter
PHOTO : DE LA PLUIE SUR MA RUE – Montréal * Juin 2022