La lumière d’hiver.
En plein coeur du jour.
Rue Sherbrooke.
Les fourmillements.
Dans le grand froid.
La liberté.
Et la douceur de vivre.
Sans crainte
L’attachement
ma soeur me manque
et pourtant, on n’se voyait pas tant
dans ces instants où mon regard
se pose sur son absence
je voudrais l’appeler
qu’elle existe encore
quelque part dans le monde
et pourtant, on n’se voyait pas tant
cet indicible fil
qui m’a un jour lié à elle
et qui le fait encore
Le beau et l’inutile
Des cerveaux. Empoisonnés.
Contaminés par des idées barbares.
Des cerveaux.
Ça peut être si simple.
Ce regard qu’on pose.
Cette beauté qu’on voit.
Cette vie qu’on ressent.
Et pourtant, c’est facilement si compliqué.
Comme s’il le fallait.
Comme si le jeu en dépendait.
Un jour peut-être saura-t-on.
Décompliquer le regard.
Reconnaître l’inutile.
Enlever ce qui déborde. Ce qui dépasse.
Les dogmes, les préjugés, les idées qui s’ancrent
et auxquelles on s’accroche.
Et les besoins qui n’en sont pas.
Un jour peut-être saura-t-on
ne donner de temps qu’à la beauté des choses.
Et au miracle de vivre.
La remontée
Je pars marcher.
Moins vingt-huit, mais je pars marcher.
Des petits coups de fouet à mon âme
qui traînasse un peu ces temps-ci.
Le manque de lumière.
Et l’année un peu rock’n’roll.
Traversée à coups de coeur
et à coups de pied aussi parfois.
Le soleil est enfin là,
il perce d’entre les nuages.
Et la lumière, qui remonte doucement.
Le jour qui en promet plus long.
Je pars marcher.
Me rappeler au vivant.
Et pas juste à son reflet.
Rafale et frémissement
la branche tremble
tantôt se fêle
méandrée de cicatrices
et belle comme avant
elle s’accroche
devant le vent la vie
qui peut tout emporter
jusqu’à la racine, d’un coup
et la terre, tranquille
qui se nourrit de ce qu’elle sait de mieux
veines fécondes
je veux de mon coeur
qu’il ploie dans la tempête
et quand le temps est doux
qu’il sente comme il est doux
Symphonies humaines
Musculatures
J’exerce chaque jour
ma capacité de gratitude.
Tout comme les muscles de mes jambes,
auxquelles je tiens profondément.
Parce que je me vois marcher longtemps.
Dans ma plus belle histoire,
je me rends jusqu’à très très très vieille
bien solide sur mes deux jambes.
Pour ce qui est de l’autre exercice,
celui de la gratitude,
je veux mettre toutes les chances de mon côté
de marcher vieille avec la tête en paix.
Ce qu’il faut pour vivre
je vois mieux qui je suis
la couleur de mon souffle dans le monde
le beau – sans doute – mais aussi l’ordinaire
pourquoi pas
tant que la vie continue
les jours de blancheur sur la ville et la montagne
moi qui marche en revenant d’aller voir Gaby
lui qui s’adapte parce qu’il le faut bien
quoi qu’on en fasse
il passera le temps
Journée glorieuse
C’était bon et doux.
D’être là avec elle.
Belle femme, grande femme.
Dans la tempête ensemble.
La première de l’hiver, la belle apporteuse de lumière.
Et revenir dans la quasi-noirceur.
Par les trous trafiqués dans les clôtures de la voie ferrée.
Et les vents qui soufflaient fort.
Allez la vie, amènes-en des vents. De bons, de grands vents.
Ça me rappelle qui je suis, qui nous sommes vraiment.









