Entre deux jours de grand froid, le mercure a grimpé solide pour quelques heures et l’air s’est rempli d’odeurs. Aucun relent d’ordures ou de merde, juste des filets de parfums suaves et sucrés sortant des restos de ma ville. De quoi m’enivrer absolument. J’ai étiré ma marche et respiré plus fort.
Rue St-Denis, au milieu de la foule, j’ai pensé à l’autre, à celui qui approche. Et comme chaque fois – c’est pour ça que j’évite – j’ai ressenti une certaine nausée.
Et puis je les ai vus, là devant. En plein coeur du monde, sans peur. Un rêve clair, un espoir lumineux. Des années plus loin, passé un long sommeil. Il m’a semblé qu’ils voyaient mieux à travers les menteries et les leurres. Et qu’ils savaient mieux aussi la douceur du temps et de tout ce qui sent bon.
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Photo : LA RUE – Avenue du Mont-Royal * Janvier 2017









