ta peau me manquerait
mais je n’en dirai rien
ce soir le silence
nous va tellement bien

NOS CORPS QUI PENCHENT – Juillet 2016, Montréal
ta peau me manquerait
mais je n’en dirai rien
ce soir le silence
nous va tellement bien

NOS CORPS QUI PENCHENT – Juillet 2016, Montréal
On perd souvent pour y gagner, ça crève les yeux.
Mais gagner quoi, au fait? D’autant qu’il y a déjà l’air et le vent.
Et tellement de belles choses encore, renchérit mon arbre.
J’ai reconnu la voix de mon magnolia. Je viens de l’asperger de savon noir. J’y suis même allée avec des gants pour arracher à la main et sans risque de clémence les bêtes féroces qui s’accrochent à son écorce et lui sucent le sang. Il ne s’en plaint pas trop mais il est envahi de cochenilles, le pauvre. Je grimperai dans une échelle demain pour atteindre les plus hautes branches.
Si seulement j’avais su. Dommage qu’il ne parle pas vraiment, il aurait pu me le dire avant.
∼
*Photo : GABY COMME LE VENT – Juillet 2016, Montréal
dans un monde voleur
c’est l’affaire de chaque instant de serrer le temps contre soi
et l’affaire d’un seul pour qu’il soit perdu à jamais
in a thieving world
it’s an every moment task to hug tightly onto time
and a one moment thing to see it lost forever

SOUS LE CIEL (Under the sky) – Juillet 2016, Montréal
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Translation of title : THE CARESS OF DAYS
il est tombé des trombes hier et c’est venu si vite
que j’ai couru pour fermer les fenêtres
les rafales faisaient rentrer l’eau tant de l’est que de l’ouest
et en essuyant les planchers dans la canicule
j’entendais les plantes qui acclamaient le temps
par les soirs et la multitude
les ailes ouvertes dans le cyclone
amenant les vagues et le rire
et l’ineffable cri du corps vivant
jusqu’à la rumeur grise qui surgit des entraves
qu’on fait au temps et à la liberté
et puis y a la tristesse de l’autre
et sa joie même
ce vent qui souffle jusqu’au cœur et met à bas les solitudes
rendues solides malgré soi
ainsi se dit l’amour peut-être
et l’imminence du nécessaire dans le sein miroitant du monde
pour que vienne le geste, le tendre

UNE MÊME MULTITUDE – Cette semaine, dans un tout petit resto de Rosemont
je n’ai jamais que si peu de mots
mais mon cœur
toujours rien que si peu et juillet s’en ira, mon cœur
et puis on oubliera
et les jours qui s’égrènent plus fort que les fleurs
bien plus bruyamment qu’elles
et je sais bien mon cœur et les notes envolées
sans s’en apercevoir
et le temps qui s’en passe et qui s’en passera
mais nos sourires par chance
et ta main
et bien sûr ça ira
le matin nous tendra
et du vent et des roses
∼
*Photo : RACCOURCI – Juillet 2016, Montréal
je t’écris de la ruelle
le cœur gros mais sans haine
ça servirait à rien
même le chat le sait
et les arbres, bien sûr
I’m writing to you from the alley
with a heavy heart but no hate
it would serve no good
even the cat knows that
as do the trees, of course

English Title : THOUGHT FROM AN ALLEY
*Photo : Juillet 2016, Montréal
ma belle errance
ma tendre liberté
c’est toujours dans
l’esprit de toi
que je trouve le plus
grand repos
my dear wandering
my so tender freedom
it is always
in the spirit of you
that I find
the greatest repose
∼
*Photo : LA TRAVERSÉE – Plus tôt aujourd’hui, sur la voie ferrée
là où le temps est un grand lac
l’amour est un mirador
et la confiance un solide radeau
where time is a great lake
love is a mirador
and trust a solid raft

LAURIE ET KALOU – Juillet 2016, Montréal
Translation of title : GENTLY ADRIFT
entre laid et libre, la lumière
dans le versant comme un voyage
beau par sa seule forme
selon que je l’offre à l’errance
quand j’y pense
je n’ai jamais eu qu’un seul rêve
celui d’être libre et sans peur
pour l’amour et le reste
∼
*Photo : LA COULÉE D’EN HAUT- Le 5 juillet 2016, sur le mont Royal
ce matin le ciel bleu
et le vent par la fenêtre
mon cœur et mon corps
à découvert
il y a le geste tendre
qui y fait pour beaucoup
et puis il y a le juste
le mot comme l’homme
la musique des âmes
sans note cruelle
c’est tellement bête de ne pas se le faire
pendant qu’on a le temps
et le matin le ciel et le souffle du vent

ARRÊT SUR IMAGE – Hier, dans mon quartier