Tressaillements

d’être debout dans le jardin
même d’automne
avec les cris de ton enfance
et ton désir désespérance
même dans tes jours de mal de vivre

c’est chaud les larmes
chaud comme le rire

et si demain se passe ailleurs
souviens-toi
qu’on aimait mieux le doux
dans nos morts et nos déchirures
le doux
comme sur la joue par un souffle d’automne
et comme la feuille qui s’abandonne
dans le mouvant du ruisseau

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LA PENTE CLAIRE – Sur le mont Royal, mi-novembre 2016

Les vents de novembre

et dans le souffle de l’automne
on a ri malgré la grenaille

t’en fais pas les jardins sont beaux
dessous les échos de bataille
entre la bêtise et le jour
novembre a trouvé son chemin

hier en regardant le ciel
je me suis souvenue comme on s’aime

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Photo : LA FILLE DANS L’ESCALIER – Au parc Étienne-Desmarteau – Novembre 2016

L’effet miroir

la vie sur un grabat d’ambition et de haine
j’y serais condamnée que je voudrais détruire
et mourir au passage

or il me reste ce matin la poésie des choses
mais berce-moi quand même
la répugnance écorche un peu
le désir qui me tient
de magnifier le monde

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SOLEIL D’AUTOMNE – Sur le mont Royal, le 8 novembre 2016

Le triste absurde…

danse mon cœur danse quand même
sur la bêtise de certains jours
et l’insondable du monde
je t’emmène sous le soleil
dans l’or des feuilles qui se donnent
la beauté ne se lasse pas

˜

Photo : … ET L’INLASSABLE – Hier, dans une ruelle du Plateau

L’âcre tendre

le gouffre n’y fait rien
la mémoire est intacte
celle de l’eau et du vent
la noire, la bleue
et même l’âcre tendre
et si l’oiseau s’envole
à la manière d’un rêve flou
dans tout ça ou presque
s’accroche l’errance
ton cœur, sa danse

faut laisser faire les jours dans leur balancement
il naît de belles choses de l’écume des heures

carolinedufourfitrinv

TREMBLEMENT DE CŒUR

L’élégance

et le ressac
celui des jours, inévitablement
et des cœurs et des corps
on n’y peut rien
sinon que l’élégance

on serait le grand arbre dehors
entre ici et le ciel
ce matin, la lumière est exquise
juste assez contenue
pour enlacer le délicat

et ce vent qui le berce
ses feuilles tombent à peine

˜

Photo : ENTRE DEUX, LE PASSAGE – Hier, dans Ville-Marie * Montréal

Petit matin sans drame

tôt ce matin, debout dans l’aube noire
malgré la vague qui m’étreint, je sais que la vie m’est tranquille
bousculée que je suis par de si petites choses
sans réel drame que la peine du monde

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RUELLE EN AUTOMNE – Avant-hier dans le Mile End, Montréal

Bois de sève

l’arbre se risque à la lumière
et tous les vents, même du nord

et moi je t’aime même sans mots
ton souffle déjà suffisant

en attendant, m’entends-tu
qui appelle doucement mon courage
devant l’hiver qui s’en vient

et me sais-tu qui embrasse d’avance
tous nos vents

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TRACES DANS LA GRAVELLE – Hier, sur un chemin du mont Royal

Mon cœur acrobate

j’ai le cœur parfois
si près du bord
presque à la renverse
comme là, la nuit
quand il me monte à la gorge
pour tout l’amour qui reste pris
le bon, l’intense, le vertigineux
le si beau qui effraie
comme un trop de néant
j’ai le cœur parfois
si près du bord
avec toujours dedans
l’espoir en équilibre

˜

Photo : ET TANT DE DOUCEUR – Aujourd’hui, dans une fenêtre mouillée de pluie

Sans lieu ni cause

marcher sans but
c’était le rêve
le tien
le mien aussi
on aurait pu le faire
mais y a eu le reste
les contraintes
le monde
l’ordinaire qui veut vivre
malgré qu’il soit ce qu’il est

ç’aurait duré la vie
c’est pas le genre de choses
dont on veut se remettre

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AVENUE DES PINS – Il y a deux jours

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