Perfetto

La perfection absolue. Ce serait quoi, la perfection absolue? Un vélo, un coin de rue, une femme qui traverse, ou n’importe quoi d’autre qui soit là et beau. Dans un endroit paisible.

Absolute perfection. What would absolute perfection be? A bike, a street corner, a woman crossing, or whatever else that’s there and beautiful. In a peaceful place.

Photo : LA FEMME AU VÉLO QUI TRAVERSAIT LA RUE
THE WOMAN WITH A BIKE WHO WAS CROSSING THE STREET
13 sept. 2016, Montréal

Le portier

Et bien sûr qu’il y a l’automne. Le milieu. Le bel entredeux. Par chance qu’il est là d’ailleurs, pour nous bercer, nous jouer l’intro, nous emmener dans sa fougue vers les rigueurs du froid. Comme un grand portier dans des habits de roi.

C’est vrai qu’il est beau ce pays.

LE LONG SEUIL – J’ai publié deux de ces photos déjà, en 2014 à la mi-octobre. L’automne avait été particulièrement généreux à Montréal. Il a tenu la porte ouverte longtemps, ses vents étaient doux et ses pluies légères.

Il s’agit de trois photos du mont Royal et d’une autre prise dans mon quartier. Cliquez pour y voir grand…

Les beaux écarts

Le vent froid caresse mes pieds sous la chaise. Par la fenêtre, la lumière et les feuilles me parlent aussi du temps qui change. Les verts de l’érable se réchauffent lentement et des orangés se pointent. L’hiver s’en vient. C’est comme ça ici.

Je vis dans un pays d’extrêmes. Et dans un monde d’extrêmes aussi. Où partout la vie se joue quelque part entre le noir et le blanc.

Un monde où le vent tourne.

Photo : PETIT CHAMP DE VILLE – Septembre 2016, Montréal

Les choses éphémères

Et la quiétude qui s’échappe un instant. Des pensées qui m’avalent. Ma tête qui s’emballe. Mais voilà que je la ramène doucement, ma tête, vers le bruit de la rue par la fenêtre. Et j’entends qu’il pleut. Une pluie légère, qui y fait tout.

L’air est bon. C’est une journée parfaite. De septembre, cette fois. Un septembre plus doux qu’à l’habitude. Avec cet air qui sent un peu, comme il y a quelques jours, la terre battue.

Un peu plus tard, quand le travail à faire sera fait, j’irai sur la montagne. Humer l’air de septembre. Qui ressemble à juillet. Sauf pour la lumière qui le traverse.

La vie est une suite d’éphémères. Et j’en suis.

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SEPTEMBRE SUR LE LAC – Lac aux castors, Mont Royal (Montréal)

Une mine de rien

aspirer à tout
sans plus vouloir
arriver à rien

la simple aspiration
est déjà
si pleine de tout

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LA LENTEUR – Fin août 2016, Montréal

La belle astuce

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Déjà elle était là. Déjà y avait la belle astuce. La tendre astuce. Cette vie qu’on inventait, que j’inventais. Et qu’on réinventait sans cesse, à mesure, pour pouvoir continuer d’y croire. Pour qu’elle reste belle à nos yeux et nous fasse rêver encore. Surtout qu’elle était tendre, cette vie. Pacifiste.

Le ciel est bleu ce matin. Et aujourd’hui toujours c’est elle. Elle, ma plus belle astuce. Belle, belle. Tendre, tendre. Et le rêve subsiste.

Photo : RÊVER LE MONDE – Fin août 2016, Montréal encore et toujours

En marchant dans ma ville

J’ai ce rêve quand même d’une petite maison. Il est ravivé parfois par ces maisons basses, souvent un peu délabrées, le long d’une ruelle ou d’un parc. Avec des vignes vierges qui grimpent sur la brique, ou une belle vieille porte usée.
J’ai ce rêve d’une petite maison, à la campagne, avec un petit jardin. Loin de la foule, où je me réveillerais le matin près d’une rivière. Quelque part tranquille, pour rêver doucement et voir avancer la faucheuse dans un presque silence. En écoutant l’eau et les oiseaux. Et un beau violon peut-être, comme là d’une fenêtre j’en entends un qui joue.
Une petite maison, quelque part à la campagne, avec quelqu’un que j’aime, quelqu’un qui parle peu, juste le nécessaire.

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MUR – Hier, dans le quartier Sainte-Marie

La densité des jours

si je m’éloigne de moi pour me rapprocher de vous
alors je ne le sais pas
je ne fais qu’avancer de mon mieux chaque jour
si je m’éloigne de vous pour me rapprocher de moi
je ne le sais pas non plus
mais je sais que je rêve de fuir la complaisance
et de me faire légère comme une feuille au vent
en attendant, je regarde la vie qui me mène
et je ne m’imagine pas pouvoir changer le monde – quoique j’aimerais bien
mais me préserver moi de trop de lourdeur
qu’il me soit conservé
ne serait-ce qu’un peu
juste un peu de grâce

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UN SOIR D’ÉTÉ – Août 2016, Montréal

Hésitation

carolinedufoursavbje sais ce que j’ai à faire
chaque jour j’hésite plus qu’il n’en faut
mais chaque jour qui passe je le sais
malgré tous les échos moqueurs
que je laisse danser dans ma tête
je sais bien ce que j’ai à faire
et ce n’est rien d’autre que vivre

Bercer le temps (éloge de la…)

bien sûr c’est la poussière des rues
mais l’air qui entre sent la terre battue
la pluie a fait ce qu’il fallait
et le vent un peu frais s’amuse à faire le reste

et là encore
insoumise et fugitive
me voilà qui contourne un autre champ de bataille
parce que je n’ai trouvé ni liberté ni force
ni dans les guerres de nerfs ni dans les mots cruels
ni non plus dans les blâmes qui ne savent pas se taire
n’est-ce pas la nature même de bien des reproches

à ces jeux du plus fort je jouerai la plus faible
et m’en irai marcher pour y bercer mon temps
et mon cœur, tranquille

carolinedufourdelvel

LE BEAU COUVERT – Hier, sur De Lorimier près de Rachel

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