Je recommencerais.
À zéro. Sans hésiter.
Je referais tout.
Exactement tout.
Pareil. Ou pas.
Simplement, je recommencerais.
Au Jardin botanique, Mai 2013
Constat d’écart
La part de tiraillement
Je me sens assez tiraillée parfois.
De me voir là, à contempler mes états d’âme,
pendant que d’autres,
aujourd’hui, et par exemple,
prennent leur dernier respir
dans les décombres d’une tornade
ou fouillent ces mêmes décombres
à la recherche d’un être aimé.
Dans ces moments-là,
de tiraillements je veux dire,
je me rappelle
que je me dois
d’au moins
ne pas oublier
la chance que j’ai.
Et qu’avec cette chance me vient,
comme le dirait mon ami Sidney,
un devoir de bonheur.
Sur le Mont-Royal, le 20 mai 2013.
La part de tendresse
Beau ou kitsch?
Aujourd’hui,
l’humidité était parfaite.
L’air était dense
et juste assez chaud.
À mon goût à moi, la température idéale.
J’ai passé quelques heures sur la montagne.
Dans un bonheur presque absolu.
Après un matin plutôt blême, pourtant.
À chercher le moyen d’échapper
à la morosité qui m’habitait depuis mon réveil.
Et c’est sur la montagne que je l’ai trouvé.
Pour la ixième fois.
Maintenant cliquez, et dites-moi : beau ou quétaine?

Lundi férié (Jour des Patriotes) sur le belvédère Kondiaronk (Mont-Royal)
Flirter avec le beau temps
Un petit jeu pour le plaisir.
Qui peut me dire
où j’ai attrapé ces rayons?
Cliquez dessus pour mieux y voir.
C’était jeudi le 9 mai 2013.
Pendant un temps, un certain temps…
à qui me dira où se trouve
ce beau sentier montréalais,
j’enverrai par la poste
un exemplaire de mon album Traces.
Allez, jouez le jeu avec moi…
quitte à vous faire aider un peu!

Danser sur la montagne
J’ai entendu une musique
qui m’a dit qu’elle venait de loin.
J’ai levé mon petit canon
et elle m’a fait oui de la tête.
Avec le cadeau d’un sourire.
On a fait quelques pas de danse.
Puisque c’est de ça qu’il s’agit.
On était d’accord toutes les deux.
Danser. Du mieux qu’on peut.
Avec la chance et le sort.
Et parfois aussi les oiseaux.
Vivre sans parapluie
La marche
C’est elle qui me tient. Qui me garde debout.
Elle qui aménage, à sa manière, mon espace intérieur.
Quand j’avance, l’espoir reprend sa place.
Et ma vie, de son sens.
Mon corps reconnaît ce mouvement vers l’avant.
Et mon âme s’y retrouve et s’en repose.
J’aime marcher.
Errer aussi.
Rues ou montagne.
C’est un des luxes que je me paie.
Montréal-la-tranquille
C’était avant-hier. Rue Laurier.
La première vraie chaude.
Ça fourmillait.
Comme ailleurs dans la ville.
Pour ceux qui ne connaissent pas,
c’est toujours comme ça à Montréal.
Les premières, j’veux dire.
D’un coup et en masses,
les ours sortent de leurs antres
et s’ébrouent gaiement dans l’air chaud.
On vit dans une ville tranquille.
La chance qu’on a.
Et au loin, encore discrète,
c’est ma montagne.
Euh, la montagne, pardon.
Avant-hier donc,
je suis rentrée chez moi tranquille
en passant par la rue Laurier.
Épilogue…
Et tandis que tranquille
je peaufine ces lignes,
ma soeur m’envoie un triste envers.
Et de là, quand même encore plutôt tranquille
je pense à Paul Auster
et à ces autres mots de son même Constat d’accident :
« La richesse engendre la pauvreté.
Telle est l’équation secrète d’une économie de marché. »
Et je continue de savoir qu’il a raison.
Bien au chaud de ce printemps.
À Montréal-la-tranquille.





